Hausse des forfaits hospitaliers : la raison invoquée et les répercussions sur les patients

Florence Carpentier journaliste de la presse écrite
Publié le , mis à jour le par Florence Carpentier - Journaliste de la presse écrite

Après la hausse de certaines consultations médicales, les Français vont-ils devoir encore mettre la main à la poche ? En France, le forfait journalier hospitalier passe effectivement de 20 à 23 euros le 1er mars 2026, soit trois euros supplémentaires par jour d’hospitalisation. Cette participation financière est facturée aux patients, chaque jour d’hospitalisation, contrairement aux soins médicaux qui eux sont remboursés par l’Assurance maladie. Elle sert à couvrir les coûts liés à la restauration, aux services d’entretien, sans oublier à l’hébergement : la chambre, la literie.

D’autres forfaits sont également concernés par cette revalorisation

  • Le forfait patient urgences (FPU) : facturé pour un patient qui sollicite les urgences sans être hospitalisé, il passe de 19,61 € à 23 €.
  • Les services psychiatriques, dont le forfait augmente de 15 à 17 € par jour.
  • Le forfait réservé aux patients vulnérables, comme ceux en affection longue durée (ALD), n’échappe pas à la hausse. Il s’élève à 9,96 €, contre 8,49 € précédemment.

Ces augmentations ne sont pas réservées qu’aux hospitalisations

La participation forfaitaire, facturée pour les actes lourds ou coûteux, qui dépassent 120 €, est également concernée. Celle-ci passera de 24 à 32 €, soit huit euros supplémentaires par intervention, à compter du mois d’avril 2026.

Comme cette revalorisation est nationale, elle s’applique à tous les hôpitaux et à tous les services d’urgence situés en France.

Ymancipez vos projets en 1 clic

Changez de mutuelle santé
et trouvez celle qui vous correspond vraiment.

Je souscris

Revalorisation des forfaits journaliers : qui va vraiment payer la note ?

Le remboursement de ces sommes, n’étant pas pris en compte par l’Assurance maladie, reste à la charge du patient qui a séjourné dans un établissement hospitalier.

Pour les assurés qui ont adhéré à une mutuelle

Le reste à charge de ces forfaits continuera d’être remboursé automatiquement par :

  • Les contrats responsables des complémentaires santé. La majorité de ces contrats intègre obligatoirement la prise en charge du forfait journalier.
  • Les contrats provenant des assurances privées en fonction des garanties contractuelles.

Dans ce cas de figure, la hausse du forfait journalier hospitalier ne se verra pas sur la facture hospitalière des assurés. Toutefois cette absence de coût à l’instant T ne signifie pas que les patients seront par la suite épargnés. En effet cette revalorisation produit mécaniquement une augmentation des dépenses des complémentaires santé. Et pour compenser ces surcoûts, les assureurs devraient répercuter la hausse sur les cotisations dans les prochains mois. Autrement dit, l’assuré ne paiera pas au moment de son hospitalisation, mais pourrait être plus tard impacté.

Pour ceux qui n’ont pas adhéré à une mutuelle

Pour eux, la sanction est immédiate. Cette augmentation va pénaliser financièrement les 2,5 millions de Français, qui ne sont pas couverts par un organisme assurantiel, d’après la direction statistique des ministères sociaux (Drees). L’intégralité du coût reste, en effet, à leur charge.

Après cette annonce, le secrétaire général adjoint du syndicat Unsa, Dominique Corona, a immédiatement réagi, en dénonçant une décision :

Profondément injuste et socialement irresponsable. Elle frappera tous ceux qui sont juste au-dessus du seuil de pauvreté, des plafonds pour bénéficier de la complémentaire santé solidaire, et qui n’ont pas de complémentaire.

Une aide existe pour les personnes à faibles revenus

En l’absence d’une mutuelle, les plus fragiles physiquement et les plus précaires financièrement se retrouveront affectés par cette hausse du forfait journalier hospitalier. Ils peuvent peut-être bénéficier de la Complémentaire santé solidaire (CSS), gratuite ou à très faible coût selon les revenus. Par conséquent, nous les invitons à vérifier une éventuelle éligibilité à la CSS. Cette aide peut réduire considérablement le forfait journalier et éviter que la hausse ne soit un frein aux soins.

Les patients actuellement dispensés de payer ce forfait journalier

  • Les femmes enceintes hospitalisées pendant les 4 derniers mois de grossesse, pour l’accouchement ou pendant les 12 jours après l’accouchement.
  • Les bénéficiaires de certaines aides sociales comme la complémentaire santé solidaire (CSS) ou l’aide médicale d’État.
  • Les enfants hospitalisés dans les 30 jours qui suivent leur naissance.
  • Les personnes dont l’hospitalisation fait suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle.
  • Un patient soigné dans le cadre d’une hospitalisation à domicile.
  • Les enfants handicapés de moins de 20 ans hébergés dans un établissement d’éducation spéciale ou professionnelle.
  • Le patient dépendant du régime Alsace-Moselle.
  • Le patient titulaire d’une pension militaire.
  • Le patient victime d’un acte de terrorisme et bénéficiant intégralement d’une prise en charge pour les soins en rapport avec cet événement.

Pourquoi l’État a-t-il pris ces mesures budgétaires ?

Ces augmentations, décidées par le gouvernement français, s’inscrivent dans le cadre de la Loi de financement de la Sécurité sociale adoptée en décembre 2025. Une loi qui vise notamment à réduire le déficit de la « Sécu » à 17,4 milliards d’euros, contre 23 milliards d’euros l’année dernière. La hausse de ces forfaits journaliers hospitaliers devrait permettre à cette institution française d’économiser environ 400 millions d’euros.

Ce qu'il faut retenir