Anxiété, dépression, stress… : quel est le rôle du dispositif Mon soutien psy en 2026 ?
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus d’un Français sur cinq est affecté par un trouble psychique au cours de sa vie. Santé publique France a précisé que 16 % de la population présentait un état dépressif, tandis que 23 % étaient concernés par un trouble anxieux. De leur côté, les pouvoirs publics ont choisi de faire de la santé mentale la Grande Cause Nationale en 2025. Soit dit en passant, cette initiative a d’ailleurs été reconduite cette année.
Face à la dégradation de la santé mentale en France, l’Assurance maladie a mis en place, en 2022, le dispositif « Mon soutien psy » pour venir en aide aux personnes souffrant de troubles psychiques légers à modérés.
Mon soutien psy, un dispositif efficace
Anxiété, dépression, angoisse, stress, troubles du sommeil ou du comportement alimentaire, problèmes de consommation de tabac, d’alcool, de cannabis ? Si ces troubles ne sont pas traités à temps et efficacement, ils peuvent entraîner de graves perturbations et des souffrances dans la vie de tous les jours : épisodes dépressifs, isolement, dégradation des relations sociales, familiales, sans oublier professionnelles. Par conséquent, ils ne doivent pas être pris à la légère.
C’est pourquoi, l’Assurance maladie a créé Mon soutien psy qui s’est montré efficace, comme le rappellent des psychologues conventionnés. 101 ont accepté de répondre à une enquête quantitative réalisée via Internet du 6 au 22 novembre 2023. Il s’agit d’un échantillon représentatif des listings de psychologues en matière d’âge, de sexe et de région. Voilà ce qu’il en ressort.
87 % des psychologues sondés par l’institut BVA jugent que :
Le dispositif a permis, dès sa première phase, à des patients qui ne les auraient pas consultés pour des raisons financières, de bénéficier d’un accompagnement par leur soin.
63 % d’entre eux affirment aussi que :
Mon soutien psy a également contribué à un repérage précoce de troubles psychiques chez des patients qui ne consultaient pas de psychologue avant sa mise en place.
Bon à savoir
Ce dispositif a déjà permis à près de 760 000 personnes de bénéficier de séances d’accompagnement psychologique depuis sa mise en place.
Mon soutien psy, les modalités d’accès
La prise d’un rendez-vous auprès d’un professionnel de la santé, comme un généraliste ou une sage-femme n’est pas obligatoire en 2026. Le patient peut directement s’adresser à un psychologue partenaire de l’Assurance maladie. Plus de 6 200 psychologues officient actuellement dans l’Hexagone. Toutefois, le patient ou sa famille, s’il est mineur, peut prendre un rendez-vous en se rapprochant de :
- Son généraliste.
- Son pédiatre.
- Son gériatre.
- Une sage-femme si l’intéressée est enceinte.
- Un médecin exerçant dans le cadre hospitalier.
- Un praticien consultant dans un service de protection maternelle et infantile (PMI).
- Un médecin des services de santé des universités (SSU).
Au cours de la consultation, l’un de ces professionnels va évaluer l’état de santé de la personne concernée. En l’absence de signes d’urgence ou de gravité, il va proposer au patient d’intégrer le dispositif Mon soutien psy.
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Une séance d’évaluation
Cette première séance se tient dans le cabinet du psychologue. Ce dernier va adapter au mieux la prise en charge du patient. Ce rendez-vous doit lui permettre de déterminer les séances de suivi qui lui seront nécessaires. Pour cette première séance, le patient devra se munir de l’attestation de la carte Vitale papier et/ou du courrier d’accompagnement si le patient est passé par un professionnel de la santé.
Et des séances pouvant aller jusqu’à onze
Elles peuvent être effectuées soit en présentiel, soit en distanciel, via la téléconsultation. Le psychologue peut, au fur et à mesure, ajuster le nombre de séances. Quant au patient, il peut, s’il le désire, faire appel à un autre psychologue partenaire.
Pourquoi 12 séances ?
Dans de nombreux cas, il semble que 12 séances d’accompagnement par an soient suffisantes pour mettre fin à l’accompagnement psychologique.
Que se passe-t-il quand le patient a épuisé ses 12 séances et qu’il ne ressent aucune amélioration ?
Il peut s’adresser à son médecin-conseil qui pourra l’orienter vers une prise en charge plus adaptée pour son état mental : un centre médico-psychologique, un psychiatre, etc. Le patient peut également poursuivre son accompagnement avec un spécialiste en dehors du dispositif Mon soutien psy. Ces nouvelles séances ne seront pas assurées financièrement par l’Assurance maladie.
Mon soutien psy, les conditions de remboursement
Le tarif chez un psychologue conventionné s’élève à 50 €, contre 30 € précédemment, pour chaque séance. Le dépassement d’honoraires est interdit. Les douze séances d’accompagnement psychologique par année civile et par patient, effectuées par des psychologues agréés et conventionnés avec l’Assurance maladie, sont totalement remboursées. La prise en charge est de 60 % par l’Assurance maladie et de 40 % par les complémentaires santé.
La prise en charge est également à 100 %, sans avance de frais, pour :
- Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS ou C2S).
- Les bénéficiaires de l’aide médicale d’État (AME).
- Les personnes souffrant d’une affection de longue durée.
- Les femmes à partir du sixième mois de grossesse.
- Les particuliers victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle (AT-MP).
La prise en charge pour les assurés relevant du régime local d’Alsace-Moselle est à 90 % : 60 % par l’Assurance maladie et 30 % par le régime locale Alsace-Moselle. Les 10 % restants sont couverts par la complémentaire santé ou restent à la charge du patient s’il n’a pas de mutuelle.
Mon soutien psy, les profils concernés
Ce dispositif a été conçu pour :
- Les enfants dès trois ans dont le comportement alerte les parents, mais aussi le milieu scolaire ou le pédiatre : pensées négatives, difficultés à la maison ou à l’école, changement d’humeur ou encore maux de tête.
- Les adolescents dont certaines attitudes peuvent inquiéter les parents ou les proches : signes de dépression, angoisses à répétition, troubles addictifs (consommation d’alcool ou de cannabis), etc.
Pour qu’un mineur accède à l’accompagnement psychologique, les parents ou les tuteurs doivent donner leur accord au pédiatre, au généraliste ou au psychologue.
- Les jeunes adultes qui traversent des troubles dépressifs, anxieux, alimentaires ou addictifs : alcool, tabac, cannabis. Si le patient poursuit des études, ce dispositif est cumulable avec Santé psy étudiant. Dans ce cas, ils peuvent, là aussi, bénéficier de 12 séances, toujours gratuites, avec un psychologue.
- Les adultes victimes d’un trouble anxieux ou dépressif d’intensité légère à modérée, d’un trouble du comportement alimentaire sans gravité, d’un usage abusif ou détourné d’alcool, de cannabis et/ou de tabac hors dépendance, etc.
En revanche, Mon soutien psy exclut :
- Les enfants de moins de trois ans. Ces derniers sont dirigés vers d’autres dispositifs via le pédiatre ou des structures spécialisées.
- Les enfants, les adolescents et les adultes dont la santé mentale nécessite un avis psychiatrique immédiat : formes sévères de troubles anxieux ou dépressifs, risques suicidaires, dépendances à des substances psychoactives, troubles graves du comportement alimentaire, troubles sévères du neurodéveloppement, antécédents psychiatriques lourds et récents, etc.
Ces patients doivent être suivis par des structures garantissant une prise en charge plus appropriée et sécurisée : psychiatrie, centre médico-psychologique ou hôpital.
Ce qu'il faut retenir
- Mon soutien psy en 2026 facilite l’accès aux soins psychologiques pour toutes les personnes à partir de trois ans, à condition que les troubles soient légers à modérés.
- Ce dispositif permet de mieux orienter les patients vers des prises en charge précoces.
- Le nombre de séances pour un accompagnement psychologique via Mon soutien psy est de 12 par an et par patient.
- Une consultation de ce dispositif est fixée à 50 €.
- La prise en charge est totalement remboursée par l’Assurance maladie et la complémentaire santé.