Mariage en 2026 : les erreurs fiscales et budgétaires à éviter
Du 31 janvier au 1er février 2026, Paris, surnommée aussi la ville de l’amour, accueille le rendez-vous incontournable des futurs mariés : le salon du Mariage. Le mariage reste un tournant majeur dans la vie des Français. En effet, cette institution ne semble pas démodée. Alors que nous sommes rentrés dans la seconde partie des années 2020, les chiffres communiqués par l’Institut national d’études démographiques (Ined), le 16 décembre 2025, le confirment : 247 000 unions¹ ont, en effet, été scellées en 2024, soit le niveau le plus haut depuis 2010.
Ymanci a montré, avec une étude statistique sur le mariage et son budget réalisée en France auprès de 2 000 personnes en mars 2025, que le mariage est avant tout une preuve d’amour pour 64 % des Français.
Mais il ne faut pas perdre de vue que le mariage implique une réorganisation financière et fiscale. Et il vaut mieux maîtriser les implications et les conséquences pour éviter les maladresses récurrentes qui génèrent souvent des tensions dans le couple.
L’argent est toujours un sujet qui fâche et plus particulièrement en France
Une étude² réalisée par Bunq, une néobanque européenne, et relayée par Le Parisien en juillet 2025 le prouve. Plus de 40 % des couples mariés ou en union civile entrent en conflit occasionnellement à cause de l’argent. Pour 26 % les conflits sont plus fréquents. En Espagne, 20 % se disputent fréquemment contre 14 % seulement au Royaume-Uni. Pour 35 % des personnes interrogées dans l’Hexagone, les désaccords portent surtout sur les objectifs d’épargne ou sur une acquisition immobilière. La différence de revenus entraîne des querelles qui reviennent fréquemment pour 34 %. Ils devancent largement les inégalités de contribution (15 %) et les dépenses non approuvées par le partenaire (12 %).
À quelques mois d’un des plus beaux jours de leur vie, nous comprenons aisément que les futurs mariés sont plus préoccupés par l’achat de la robe et du costume, par l’établissement de la liste des invités ou encore par le choix du traiteur que par une discussion sérieuse sur la question de l’argent. Pourtant, il est primordial d’aborder ce sujet même s’ils le considèrent comme un tue-l’amour.
Ymancipez vos projets en 1 clic
Estimez votre future mensualité de prêt.
C’est simple, rapide et gratuit !
Quels sont les pièges fiscaux et financiers à ne pas commettre ?
Alors que la visite au salon du Mariage constitue souvent la première étape vers la mairie et/ou l’autel, la rédaction d’Ymanci a choisi d’offrir un cadeau précieux aux futurs mariés : un tour d’horizon pour éviter de commettre les erreurs financières et fiscales qui reviennent régulièrement au début de son mariage.
Ne pas connaître les changements fiscaux après le mariage
Les épousailles entraînent de nombreux changements pour les jeunes mariés, mais aussi pour l’administration fiscale. En France, le mariage modifie la situation fiscale et peut impacter le budget.
Le mariage va modifier la manière dont le couple va déclarer ses revenus
Comme les époux forment désormais un seul foyer fiscal, ils doivent « généralement » effectuer une déclaration commune de leurs revenus annuels auprès des impôts, et ce, l’année de leur mariage. Elle englobe l’ensemble des revenus, le prélèvement à la source, la répartition des charges attribuées à chacun des conjoints et les bénéficiaires comme un enfant. L’impôt sur le revenu peut être payé par l’un ou l’autre des époux.
Nous écrivons « généralement », car il leur est toutefois possible de continuer de déclarer individuellement leurs propres revenus. Cependant, cette dérogation est uniquement valable l’année du mariage. Dès que ce délai est passé, les mariés doivent opter pour la déclaration commune qui reste la seule autorisée sauf si :
- Deux personnes se sont unies sous le régime de la séparation de biens.
- Elles ne résident pas sous le même toit à cause d’un éloignement géographique dû à des raisons professionnelles.
Bon à savoir
En fonction de la situation des futurs mariés, il est préférable d’effectuer un bilan patrimonial. Il leur permettra d’adopter le régime matrimonial le plus adapté à leur profil, notamment financier, et d’anticiper les conséquences d’un mariage sur la fiscalité.
Le prélèvement à la source doit être mis rapidement à jour
Les époux doivent informer l’administration fiscale dans les 60 jours qui suivent leurs épousailles. Ils doivent se rendre sur le service « Gérer mon prélèvement à la source » qui est disponible dans « l’espace Finances publiques ». Cette déclaration va permettre d’ajuster le taux de prélèvement et d’éviter des régularisations.
L’impact sur le montant va dépendre des revenus
Le mariage ne fait pas automatiquement baisser les impôts sur le revenu. C’est une fausse idée ! Certes, il peut générer des économies notamment si les revenus des époux sont déséquilibrés et qu’ils ne se situent pas dans la même tranche d’imposition. À contrario, la fusion des revenus peut les placer dans une tranche supérieure si les deux revenus sont élevés.
D’autres impôts peuvent être impactés par le mariage :
- La taxe d’habitation toujours applicable pour les résidences secondaires.
- La taxe foncière payable si le couple est propriétaire d’un bien immobilier en commun. Dans ce cas de figure, un seul avis d’impôt sera adressé. Son paiement peut être assuré par l’un ou l’autre des époux. Précisons que chaque conjoint est tenu de payer la taxe foncière sur les biens immobiliers dont il est le seul propriétaire.
- L’impôt sur la fortune (IFI)³ : les nouveaux mariés concernés par cet impôt seront imposés sur l’ensemble des biens immobiliers qu’ils détiennent en commun et individuellement, et ce, quel que soit leur régime matrimonial. Le paiement de l’impôt sur la fortune peut être assuré par l’un ou l’autre des mariés et est obligatoire dès la première année du mariage.
Penser que parler d’argent tue l’amour
Avant des noces, beaucoup de mariés en France ne veulent pas mettre sur le tapis les questions financières. Est-ce par souci de romantisme, par manque d’éducation financière ou tout simplement par tabou ? Peu importe la raison ! L’absence de dialogue est risquée surtout quand les conjoints ont des rapports à l’argent très différents : être dépensier ou économe, enclin à prendre des risques avec l’argent, etc. Ces non-dits peuvent menacer l’équilibre d’un couple sur le long terme. Comme la situation financière, les priorités et les projets évoluent tout au long d’une vie. Il est nécessaire d’en parler régulièrement pour ajuster la gestion budgétaire.
Ne pas mettre en place un budget commun
Beaucoup de jeunes mariés oublient ou ne veulent pas fixer un budget mensuel précis incluant les dépenses liées au logement, à l’alimentation, aux loisirs, mais également aux aléas de la vie. Cette tactique peut susciter un stress financier inutile et entraîner des conflits plus tard.
Manquer de transparence sur ses antécédents financiers
Selon l’étude réalisée par Bunq, la transparence autour des finances fait souvent défaut. Entre 30 et 50 % des couples mariés interrogés en France (45 %), en Espagne (30 %) et au Royaume-Uni (38 %) ont déjà caché des achats ou des décisions financières à leur conjoint. Il faut également savoir que de nombreux couples, qui ont contracté des dettes et souscrit des crédits, le cachent. La confiance et la tranquillité passent par une communication sur les finances, sur les habitudes tournant autour des dépenses : les revenus, les dettes, l’épargne, etc.
Unir trop rapidement les comptes communs
Comme le dit un dicton : « Ce qui est à toi est à moi ». Certes, l’ouverture d’un compte commun est utile et peut sembler normale pour de jeunes mariés. Il n’est donc pas interdit d’en ouvrir un qui sera consacré, par exemple, aux dépenses communes : le loyer, l’alimentation, l’éducation des enfants, etc. Mais il est également recommandé de ne pas mettre ses œufs dans le même panier. Il faut effectivement garder des comptes individuels pour préserver une certaine autonomie, pour épargner à titre personnel et réduire les situations conflictuelles au moindre désaccord sur la gestion financière. Si les nouveaux mariés misent tout sur un compte commun, ils peuvent rencontrer des problèmes en cas de saisie ou de gel.
Ignorer les projets sur le long terme
La jeune mariée veut acquérir un bien immobilier. Le marié veut des enfants. L’un aime voyager régulièrement, l’autre est plus casanier, etc. Chaque conjoint a ses propres priorités, ses propres rêves. Comme les habitudes financières, les projets doivent être abordés le plus tôt possible pour éloigner les désaccords. Pourquoi ne pas établir un plan financier sur une décennie, par exemple ?
Faire en sorte que les dépenses ne soient pas réparties équitablement
Après avoir défini le budget lié aux dépenses communes et ouvert un compte pour ces dépenses, il est préférable de l’alimenter en tenant compte des revenus. Si l’un des deux mariés gagne moins que l’autre, mais verse autant, il lui restera moins d’argent personnel à la fin de chaque mois. Son train de vie pourrait en pâtir. Pour éviter ce cas de figure, il est préférable d’équilibrer les dépenses communes au prorata des revenus individuels. Mais également de suivre leur évolution. Une augmentation de salaire, l’arrivée d’un enfant, l’acquisition d’un bien immobilier, une période de chômage, etc. Ces changements peuvent bouleverser les revenus ainsi que les charges d’un couple au fil des ans.
Négliger le régime matrimonial
Les futurs mariés n’ont pas rédigé un contrat de mariage. Ils vont automatiquement se placer sous le régime de la communauté réduite aux acquêts. C’est-à-dire que les biens acquis après les épousailles deviennent communs.
Malheureusement, des mariages peuvent se terminer par des divorces. Même si la France ne dispose pas vraiment d’études fiables sur cette question, des chiffres communiqués par des avocats en 2025 avancent que 45 % ne respectent pas l’un de ses commandements : jusqu’à ce que la mort nous sépare. Un passage chez un notaire pour choisir un régime matrimonial adapté protégera les intérêts des deux époux.
Laisser les dettes se cumuler
Les dettes consécutives au mariage, aux frais d’installation ou encore à la consommation peuvent très vite s’accumuler. Si un projet immobilier ou autre se dessine, il est préférable de remettre les comptes à zéro avant sa mise en place.
Ne pas épargner ou ne pas investir ensemble
Demain est un autre jour ! Cette note d’optimisme chez certains couples leur fait oublier de placer un fonds d’urgence ou d’épargner. Un oubli qui peut ébranler une stabilité financière et fragiliser le nouveau foyer en cas d’imprévu. Un investissement ou une épargne de précaution sert à dynamiser les projets futurs en commun, à enrichir son patrimoine et à préserver des bases financières solides et saines.
Aborder les sujets qui dérangent
Quand deux personnes sont sur le point de se marier, elles ne veulent pas évoquer les sujets qui mettent mal à l’aise comme la mort ou le divorce.
- La perte d’un être cher est souvent imprévisible. Dans ce cas de figure, une succession non préparée peut réserver de mauvaises surprises. Un contrat est préférable pour protéger son conjoint en cas de décès.
- Beaucoup d’unions, qui sont au début sacrées, peuvent se finir par un divorce. Lors de la rupture officielle d’un mariage civil et/ou religieux, le sujet de l’argent peut devenir problématique, surtout si les conjoints n’ont pas contracté un contrat de mariage. Il est préférable d’en discuter pour établir la répartition du patrimoine au moment d’un divorce.
Différents cadres juridiques existent. Il est possible de se rapprocher d’un notaire pour en discuter.
Ce qu'il faut retenir
- Les jeunes mariés doivent parler d’argent dès le début pour éviter les tensions.
- Ils doivent être totalement transparents sur les revenus, les dettes et les habitudes financières.
- Les époux doivent fixer un budget commun et répartir les dépenses en fonction des revenus de chacun.
- Ils doivent prévoir un fonds d’urgence et rembourser les dettes avant de planifier d’autres projets.
- Ils doivent choisir un régime matrimonial adapté à leur situation.
- Ils doivent définir des projets à long terme : acheter un logement, fonder une famille, voyager, etc.
- Ils peuvent ouvrir un compte commun, mais ils doivent garder aussi des comptes personnels séparés.
- Ils doivent se rapprocher de l’administration fiscale car le mariage entraîne de nombreux changements.
Cet autre article devrait vous intéresser : les solutions de financement d’un mariage.
¹ Ce chiffre est encore loin des 300 000 mariages annuels observés au début des années 2000.
² Cette étude a été réalisée auprès de 4 000 personnes en couple en France, en Espagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
³Les personnes soumises à l’IFI sont celles qui disposent d’un patrimoine immobilier supérieur à 1,3 million d’euros.