La stretchflation : la nouvelle stratégie qui menace votre pouvoir d’achat en 2026 ?
En tant que consommateur ou consommatrice, vous l’avez constaté en remplissant votre chariot de supermarché. Les prix des aliments peuvent fluctuer sans crier gare. Le ticket client, remis lors d’un passage en caisse, ne le dément pas. Nous avons réalisé en mars 2025 une étude statistique pour y voir plus clair. Elle visait à comprendre les conséquences de l’inflation sur les pratiques alimentaires en France. Cette étude a mis en évidence l’émergence de pratiques mettant en danger, parfois gravement, la santé des Français.
Parce que chaque euro compte, la rédaction d’Ymanci s’est mise en tête depuis plusieurs mois de vous :
- Informer avec pédagogie et transparence sur les décisions qui améliorent ou menacent votre pouvoir d’achat.
- Éclairer sur les astuces qui peuvent vous aider à reprendre la main sur vos dépenses pour garder la maîtrise de votre budget.
- Aider à déjouer les stratégies marketing qui font monter la note en caisse.
En parlant de stratégie marketing, il y en a une qui rôde discrètement dans les rayons de la grande distribution et qui semble conçue pour protéger les marges des marques et/ou des distributeurs plutôt que de servir les clients : la stretchflation, de l’anglais « stretch » qui veut dire extensible et de la contraction d’inflation. Cette stratégie mérite que nous nous y attardions, car elle gagne du terrain.
La stretchflation : une pratique qui peut vous coûter cher
Cette pratique se résume à augmenter légèrement la quantité d’un produit tout en gonflant son prix parfois de façon exagérée. La stretchflation donne souvent l’impression aux consommateurs d’être gagnants alors qu’ils risquent de payer plus cher.
C’est pourquoi, nous portons à votre intention la stretchflation, le nouveau cheval de bataille de l’association Foodwatch. Pour elle, cette pratique :
Est l’art de vendre quelques grammes de plus à des prix disproportionnés.
Alertée par des consommateurs et des consommatrices sur des produits estampillés « nouveau format », cette dernière montre du doigt plusieurs produits, dont les Gnocchis extra-formats de la marque Lustucru et du groupe Pastacorp ; la Flammekueche gratinée de Stoeffler ; les paquets de Mikado de la marque LU et de la multinationale américaine Mondelez ; La Panée de Garden Gourmet et Nestlé et les petits croquants aigres-doux de Kühne. Dans un communiqué, l’organisation à but non lucratif, estime que les variations de prix pour les produits incriminés, sont :
De +17 % à 27 % d’augmentation du prix au kilo tandis que la quantité du produit augmente seulement de 2,7 % à 15 %.
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Quels sont les responsables de ces pratiques commerciales déloyales ?
Sont-ce les marques ? Sont-ce les distributeurs ? Difficile à dire ! Certaines marques, citées par Foodwatch, rejettent la faute sur les distributeurs, à savoir les supermarchés, en assurant, voire en se défendant qu’elles n’ont pas augmenté leurs prix de vente. Quant aux distributeurs concernés par ces pratiques jugées trompeuses, ils n’ont pas encore réagi. Audrey Morice, chargée de campagnes chez Foodwatch, a récemment déclaré :
Avec la stretchflation, impossible de savoir qui, des distributeurs ou des industriels, s’en met plein les poches. Une certitude : les consommateurs se sentent floués. Il faut en finir avec ces pratiques marketing abusives.
Quoi qu’il en soit, le dindon de la farce semble, une fois encore, être le consommateur. Effectivement, ce dernier ne s’aperçoit pas toujours que le changement de format de son produit préféré est un subterfuge de la part des marques et/ou des distributeurs pour augmenter son prix. Pour beaucoup de consommateurs, il est quasiment impossible de se souvenir du prix au kilo ou au litre de chaque produit acheté.
La stretchflation, est-elle une pratique interdite ?
Pratiquer la « réduflation », c’est son nom en français, n’est pas illégale. Le changement de recette est à la discrétion des entreprises qui peuvent choisir la façon dont elles alertent les clients des modifications apportées.
Néanmoins, les marques sont tenues à un encadrement strict par le Code de la consommation qui interdit les pratiques commerciales déloyales ou de vente trompeuse en mesure d’altérer le comportement économique du client.
Les associations continuent de se battre pour obtenir plus de transparence et permettre ainsi aux consommateurs et aux consommatrices de comparer les produits achetés. Pour les associations, l’affichage systématique des anciens et des nouveaux prix au kilo serait déjà un grand pas pour les clients et les clientes qui font leurs courses.
Comment ne pas tomber dans le piège de la stretchflation ?
Il n’y a pas que les marques ou les distributeurs qui appliquent des stratégies, dans leur cas, pour augmenter les prix et les camoufler aux yeux des consommateurs et des consommatrices. Ces derniers ont aussi à leur disposition un panier rempli de stratégies pour repérer les formats plus généreux qui n’ont parfois de généreux que le nom.
Découvrez ces stratégies qui peuvent effectivement préserver votre porte-monnaie et garantir la qualité des achats. Il est donc conseillé :
1-De dresser la liste de courses et planifier si possible les repas pour éviter les achats impulsifs.
2-De vérifier les prix au kilo ou au litre, même sur les produits en promotion.
3-De prendre le temps de lire attentivement les étiquettes.
4-De prioriser les produits locaux, la vente directe ou en circuit court quand c’est possible.
5-D’acheter en vrac pour payer la bonne quantité et par conséquent le juste prix.
6-De préférer les produits de saison plutôt que ceux transformés.
7-D’observer les éventuels changements des emballages comme les formats et le design.
8-De mettre en balance les produits entre eux comme vous comparerez déjà d’autres dépenses importantes : vos abonnements, vos assurances, vos factures, etc.
9-De garder un œil sur les avis et les recommandations d’autres consommateurs via les réseaux sociaux.
Quelles sont les autres pratiques douteuses ?
La stretchflation n’est pas la seule pratique trompeuse existant dans les allées des supermarchés. D’autres techniques s’invitent aussi dans votre chariot.
La shrinkflation, de l’anglais shrink (rétrécir) et de la contraction d’inflation, désigne une pratique bien connue des associations de consommateurs. Elle consiste à réduire la quantité d’un produit tout en maintenant le même prix, augmentant au passage le prix au kilo. Autant dire que cette pratique est jugée redoutable par ces mêmes organisations.
La cheapflation provient de l’anglais « bon marché » et de la contraction d’inflation. Il s’agit de modifier la recette en réduisant, en supprimant ou en remplaçant un ingrédient moins cher ou de moins bonne qualité. Dans ce cas précis, les prix sont maintenus ou augmentés en dépit d’une qualité moindre.
Consommateur et consommatrice, vous savez désormais qu’il faut se méfier de certaines mentions figurant sur l’emballage de nombreux produits alimentaires comme « nouveau format. » Il ne s’agit pas toujours d’une bonne affaire pour votre porte-monnaie.
Ce qu'il faut retenir
- La stretchflation : la quantité augmente légèrement, le prix grimpe fortement, la qualité est inchangée et le consommateur se fait berner puisqu’il pense faire une bonne affaire.
- La shrinkflation : la quantité baisse, la qualité est identique, le prix au kilo augmente, mais cette hausse est passée sous silence.
- La cheapflation : la quantité est inchangée, le prix augmente ou reste le même, la qualité est moindre. Le but de cette technique est de réduire les coûts pour augmenter la marge.
- Surveiller le prix au litre ou au kilo vous permet de vous protéger des stratégies marketing qui nuisent à votre porte-monnaie.
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