Les soins dentaires pour les chiens et les chats encore banalisés en France
Sommaire
Les primo-vaccinations, l’alimentation ou les traitements antiparasitaires sont des démarches qui semblent acquises par de nombreux propriétaires de chiens et de chats en 2026, contrairement aux soins bucco-dentaires. Pourtant, la dentisterie, qui sert à prévenir, diagnostiquer et traiter les maladies bucco-dentaires, n’est pas réservée qu’aux êtres humains. La rédaction revient sur la banalisation de la dentisterie, à travers des chiffres, des interviews et les raisons qui peuvent retarder la prise en charge médicale et favoriser l’apparition de complications parfois douloureuses pour l’animal de compagnie.
Pourquoi cette banalisation inquiète-t-elle les vétérinaires ?
La cavité buccale chez un animal à quatre pattes est un accès direct pour les bactéries. À la longue, elles vont favoriser l’apparition de tartre, de gingivites, de maladies parodontales, voire la perte des dents. Ces éléments risquent de perturber l’alimentation, d’entraîner des douleurs chroniques ou des abcès ou d’attaquer le cœur, les reins ou encore le foie chez les chiens et les chats.
Face à une méconnaissance persistante de la dentisterie pour les chiens et les chats, les vétérinaires tirent régulièrement la sonnette d’alarme. Le président de l’AVMA, le docteur Michael Q. Bailey rappelait en février dernier que :
Les maladies dentaires entraînent de véritables douleurs et des problèmes de santé sérieux chez nos animaux de compagnie. […] Bien qu’il s’agisse de l’un des problèmes les plus fréquents observés chez les animaux de compagnie, c’est aussi l’un des plus évitables grâce à la prévention.
Des maladies bucco-dentaires encore très répandues
Des chiffres montrent effectivement que la dentisterie est encore reléguée au second plan par une grande majorité de propriétaires ayant adopté un animal domestique : 80 % des chiens et 70 % des chats souffriraient de maladies parodontales dès l’âge de trois ans, selon l’American Veterinary Medical Association (AVMA). Quant aux données relevées par Banfield Pet Hospital sur plus de trois millions d’animaux, elles montrent que 73 % des chiens et 64 % des chats examinés présentaient des problèmes de santé bucco-dentaire en 2023.
La docteure Susan Crowder, présidente élue de l’American Veterinary Dental College, indiquait en 2026 :
Il est essentiel de maintenir des examens et des nettoyages dentaires réguliers. Le traitement des maladies parodontales peut avoir un impact positif immédiat sur le bien-être et la qualité de vie de l’animal.
Les soins bucco-dentaires pour un chien ou un chat ont un coût
Ils vont impacter le budget mensuel dédié à son chien, à commencer par le détartrage. Cet acte vétérinaire, qui va au-delà de l’aspect esthétique, peut mobiliser des moyens médicaux impressionnants. À la fois curatif et préventif, il nécessite une anesthésie générale pour faciliter le nettoyage complet des dents et de la zone sous-gingivale, garantissant la sécurité de l’animal et l’efficacité des soins. Mais les tarifs vont varier, parfois du simple au double, en fonction des paramètres suivants :
- L’âge de l’animal de compagnie.
- La taille et le poids de l’animal. En effet, les produits anesthésiques se dosent au kilo. Une opération réalisée sur un Mastiff sera plus coûteuse que le même soin effectué sur un Bichon Maltais.
- L’état de la bouche du chien ou du chat.
- Les soins complémentaires vétérinaires : bilan sanguin préanesthésique ou radiographies dentaires.
- La géolocalisation de la clinique.
- Le praticien animalier libre d’appliquer ses propres tarifs.
- Les prestations réalisées : extraction des dents abîmées, infectées ou mobiles, polissage, radiographies bucco-dentaires ou traitement des maladies parodontales.
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Quand une bonne hygiène bucco-dentaire limite les complications
Action, réaction ! Les propriétaires peuvent brosser les dents de leur animal – méthode encore peu pratiquée en dépit de son efficacité reconnue -, et les inspecter régulièrement, sans oublier d’effectuer des visites régulières chez un vétérinaire, capable de détecter les problèmes bucco-dentaires et d’éloigner les souffrances évitables et les complications médicales sérieuses. Le matériel de brossage et les consultations vétérinaires doivent être pris en compte dans le coût des soins vétérinaires à prévoir pour un chat.
Banalisation des soins dentaires : quelles sont les erreurs que les propriétaires d’animaux ne doivent plus faire ?
En dépit des recommandations des vétérinaires, certaines idées reçues et habitudes sont à même de retarder la prise en charge des problèmes bucco-dentaires chez les animaux de compagnie. Ces erreurs peuvent aggraver les lésions puis augmenter le coût des traitements, surtout quand une opération devient indispensable. Si le prix reste un frein pour certains propriétaires, plusieurs solutions existent pour anticiper ces dépenses, notamment en choisissant d’assurer son animal.
L’erreur qui revient le plus souvent consiste à banaliser la mauvaise haleine qui, rappelons-le, n’est pas un phénomène normal lié à la vieillesse. Au contraire, elle constitue souvent l’un des premiers signes d’une affection bucco-dentaire. D’autres comportements vont contribuer à retarder le diagnostic :
- Ne pas inspecter régulièrement leur bouche pour détecter une éventuelle anomalie.
- Croire que le détartrage est un soin de confort ou d’esthétique.
- Négliger la prévention en ne brossant pas régulièrement les dents de son animal.
- Reporter une consultation vétérinaire pour des raisons financières, alors qu’une prise en charge précoce peut s’avérer moins coûteuse qu’un traitement effectué à un stade avancé.
- Ne pas repérer certains signes de douleur : le frottement ou le grattage de la gueule, la salivation excessive, la perte d’appétit, les saignements buccaux, l’agressivité ou l’isolement.
Ce qu'il faut retenir
- La dentisterie est souvent banalisée par les propriétaires de chiens ou de chats.
- 80 % des chiens et 70 % des chats souffriraient de maladies parodontales dès l’âge de trois ans.
- 73 % des chiens et 64 % des chats examinés présentaient des problèmes de santé bucco-dentaire en 2023.