Livret A et LDDS : conséquences et alternatives pour les épargnants après une nouvelle baisse

Florence Carpentier journaliste de la presse écrite
Publié le , mis à jour le par Florence Carpentier - Journaliste de la presse écrite

Une de nos rédactrices précisait dans son article traitant des évolutions réglementaires impactant votre budget à compter du 1er février 2026 que les taux des livrets réglementés venaient d’essuyer une nouvelle baisse. Comme annoncé ! Depuis cette information a été confirmée par le ministère de l’Économie et des Finances qui a suivi les recommandations du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

En effet, cette révision à la baisse du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), puisque nous parlons de ces placements, intervient après le calcul¹ de la Banque de France qui s’est basée sur l’indice de référence du marché monétaire, à savoir l’€STR² et sur les données de l’inflation de décembre 2025, qui a terminé l’année à 0,8 %.

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Les millions d’épargnants seront-ils impactés par cette baisse ?

Les 84 % des Français, en possession d’un Livret A selon la Banque de France, doivent-ils s’inquiéter ? Ils vont effectivement perdre en rendement. Néanmoins, le ministère de l’Économie, revenant sur la diminution du taux du Livret A à 1,5 % net au lieu de 1,7 %, estime qu’il ne devrait pas vraiment chambouler leur pouvoir d’achat. Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique depuis le 5 octobre 2025, a estimé que ce livret reste une épargne privilégiée pour les raisons suivantes :

  • Le nouveau taux reste supérieur à l’inflation.
  • Le capital est toujours garanti par l’État.
  • Les intérêts sont exonérés d’impôts et de prélèvements sociaux.
  • Les fonds sont disponibles dès que vous le souhaitez.

Quelles sont les projections pour 2026 avec un taux de 1,5 % maintenu en 2026 ?

Le Livret A, placement préféré des Français, le restera-t-il encore longtemps ? Des épargnants français lui ont fait des infidélités en retirant plus d’argent qu’ils n’en ont déposé en 2025, selon la Caisse des dépôts. Une première depuis onze ans ! Encore à 3 % début 2025, son rendement a été divisé par deux. Que disent les projections ? Quels sont les gains annuels en fonction de la somme placée ?

Montant en euros Année 2025 Année 2026 Entre 2025 et 2026
22 950 495,72 € 344,25 € -151,47 €
15 000 324,00 € 225,00 € -99,00 €
10 000 216,00 € 150,00 € -66,00 €
5 000 108,00 € 75,00 € -33,00 €
2 000 43,20 € 30,00 € -13,20 €

Les Français sont-ils enclins à conserver leur épargne sur ces livrets ou à les placer ailleurs ?

Avec ce type de projections, beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur l’utilité de préserver leur épargne sur un Livret A et sur un Livret de développement durable et solidaire (LDDS), qui descend également à 1,5 %. Après la baisse en août dernier qui amputait le rendement déjà faible de leur épargne, certains particuliers affirmaient qu’ils ne voulaient pas se départir de leur Livret A, qui reste un placement sûr et fiscalement avantageux. En revanche, 25 % des sondés estimaient que ce placement était dépassé, inefficace et qu’il ne rapportait plus rien, selon une enquête réalisée par Bricks.co en juillet 2025, auprès de 3 201 personnes réparties sur l’ensemble du territoire français et âgées de 18 ans et plus.

Un Livret A qui n’a plus la cote

Des épargnants ont donc mis leurs menaces à exécution en vidant totalement ou partiellement leurs livrets. Selon les données chiffrées de la Caisse des dépôts du mois de novembre 2025, les titulaires de ce placement ne possédaient plus que 438,9 milliards d’euros sur leur Livret A, soit un montant en recul de 800 millions d’euros par rapport au mois précédent.

Concernant le Livret de développement durable et durable, l’encours se chiffrait à 161,8 milliards d’euros, enregistrant itou une baisse de 300 millions d’euros en octobre 2025.

Bon à savoir

Les épargnants, ont-ils trouvé une solution de rechange ?

De nombreux particuliers se sont tournés vers l’assurance-vie. Pour eux, les rendements paraissent plus stables, voire à la hausse. Selon la Caisse des Dépôts, la somme totale de l’assurance-vie a atteint 2 107 milliards d’euros fin 2025, soit une hausse de 6,1 sur un an.

Ce chiffre confirme qu’il est bien parti pour détrôner le Livret A, le placement préféré des Français. Aujourd’hui, 20 millions de Français possèdent 57 millions de contrats d’assurance-vie. Et ce chiffre n’a sûrement pas fini de grandir !? Il existe néanmoins d’autres alternatives pour valoriser efficacement son épargne en 2026 comme :

  • Le compte à terme (CAT) ou un dépôt à terme (DAT). Ce produit d’épargne permet de placer une somme d’argent qui sera bloquée pendant une durée définie préalablement. Il bénéficie d’un taux d’intérêt fixe connu lors de la souscription. Son rendement est donc connu à l’avance.
  • Les Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) offrent la possibilité de se constituer une épargne via un investissement immobilier et à partir d’un montant réduit. Les SCPI favorisent la diversification du patrimoine.
  • Le plan d’épargne retraite (PER) s’inscrit dans une logique de long. Il sert à se constituer un complément de revenus quand l’heure de la retraite sonne. D’ailleurs, les versements ont connu une hausse de 16 % en 2025, soit 20,2 milliards d’euros. 7,9 millions de PER assurantiels, soit une hausse de 1 million par rapport à 2024, ont été comptabilisés fin 2025.
  • Le plan d’épargne en actions (PEA) est exonéré de l’impôt sur le revenu sur les gains après cinq ans, hors prélèvements sociaux. Toutefois, ce produit n’est pas un outil de court terme.
  • Le compte titres ordinaire (CTO) permet d’investir dans des actions du monde entier, des placements en obligations, des parts de fonds d’investissements, des matières premières comme l’argent, l’or, qui connaît un regain d’intérêt auprès des épargnants, ou encore le pétrole. Il n’y a pas de plafond sur les versements et les retraits qui peuvent être effectués à tout moment.
  • Le super livret ou le livret boosté propose un taux intéressant sur plusieurs mois. Cette solution est surtout temporaire, car le rendement annuel est souvent inférieur aux placements dits à « moyen terme ».

Gardons à l’esprit que tous les investissements comportent des risques : fluctuation des marchés financiers, risque de perte du capital totale ou partielle, risques liés au marché de l’immobilier, etc.

Quel est l’impact sur l’épargne et le financement de l’économie ?

En résumé, cette nouvelle baisse, même si elle est modérée, ne devrait pas ravir certains épargnants très remontés par ces diminutions depuis le mois d’août dernier. Et les arguments avancés par le ministre de l’Économie pourraient être insuffisants.

En revanche, la baisse du taux du Livret A impacte positivement les banques et le secteur des logements sociaux dont les conditions de financement sont indexées sur ce produit. Leur diminution est censée réduire les charges des bailleurs sociaux et ainsi faciliter les investissements dans de nouveaux logements ou dans la rénovation dans les mois qui viennent. Outre le logement social, cette baisse a également un effet positif sur les établissements bancaires qui voient le coût de l’épargne réglementée s’alléger.

Bon à savoir

Est-ce que les taux des livrets réglementés peuvent tomber à zéro ?

Il semble que non ! Les taux des livrets réglementés, comme le Livret A, sont encadrés par des planchers officiels inscrits dans les textes. Par conséquent, ils ne peuvent pas passer sous 0,5 %, selon l’arrêté du 1er février 2020. Et ce, même si l’inflation tombe à zéro et si les taux interbancaires sont négatifs.

Pour sa part, le taux du Livret d’épargne populaire (LEP) bénéficie également d’une protection renforcée. Selon la loi, il ne descendra jamais sous le taux du Livret A : +0,5 point.

Bon à savoir

En dépit de ce coup de pouce, ce produit d’épargne n’est pas forcément attractif aux yeux des épargnants : 11 millions de LEP sont ouverts alors que 30 millions y sont éligibles.

Soit dit en passant, les taux des autres épargnes de précaution sont également en baisse. Le taux du compte épargne logement (CEL) passe de 1,25 % à 1 %. De son côté, le taux du plan d’épargne logement (PEL), ouvert en 2026, est désormais à 2 % brut.

Le taux du livret jeune est librement fixé par les banques. Sa rémunération va donc varier d’une banque à l’autre. Toutefois, les prêteurs doivent respecter un point : son taux d’intérêt annuel ne peut pas être inférieur à celui du Livret A : 1,5 % entre le 1er février et le 31 juillet 2026.

Quel est l’avenir du taux du Livret A ?

L’Insee mise sur une inflation moyenne à 1,3 % au premier semestre, c’est-à-dire en légère hausse. Si l’€STR et le prix de l’énergie baissent dans le même temps, le Livret A pourrait remonter à 1,60 % pour un Livret A à 7 077 €.

Ce qu'il faut retenir

¹La formule réglementaire allie deux paramètres au moment du calcul : la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et l’inflation hors tabac. Le ralentissement des prix en France a un impact mécanique sur la rémunération du Livret A. Le gouverneur de la Banque de France peut décider d’atténuer la baisse, par exemple, en dérogeant à ce calcul.

²€STR est l’acronyme de Euro Short-Term Rate et signifie dans la langue de Molière « taux de change à court terme de l’euro. Il s’agit du taux de référence de la monnaie européenne au jour le jour. Calculé par la Banque centrale européenne (BCE), ce taux d’intérêt interbancaire de référence a été mis en place le 2 octobre 2019.