Mariage en 2026 : les erreurs fiscales et budgétaires à éviter
Sommaire
Paris, surnommée la ville de l’amour, accueille le rendez-vous incontournable des futurs mariés : le salon du Mariage prévu les 5 et 6 septembre 2026. Le mariage reste un tournant majeur dans la vie des Français. En effet, cette institution ne semble pas démodée au XXIe siècle. Le nouveau bilan démographique, publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en janvier dernier, montre que 251 000 mariages ont été célébrés en France en 2025, contre 248 000 en 2024. Un chiffre encore loin des 300 000 mariages annuels observés au début des années 2000.
Si l’union entre deux personnes reste avant tout une preuve d’amour pour 64 % des Français selon une étude statistique sur le mariage et son budget remontant au mois de mars 2025, il ne faut pas oublier que le mariage aura inévitablement des conséquences sur les finances du couple : fiscalité, patrimoine, dettes, etc. Les futurs mariés ont donc tout intérêt à en comprendre les implications pour éviter certaines maladresses susceptibles de générer des tensions au sein du couple.
Car l’argent est toujours un des sujets qui fâchent, surtout en France. Une étude¹ réalisée par Bunq puis relayée par Le Parisien en juillet 2025 le prouve. Plus de 40 % des couples mariés ou en union civile entrent en conflit occasionnellement à cause de l’argent. Pour 26 %, les conflits sont plus fréquents. En Espagne, 20 % se disputent fréquemment, contre 14 % seulement au Royaume-Uni. 35 % des personnes interrogées dans l’Hexagone ne cachent pas que les désaccords portent surtout sur les objectifs d’épargne ou sur une acquisition immobilière. Mais la différence de revenus est également source de querelles fréquentes pour 34 %, devant les inégalités de contribution (15 %) et les dépenses non approuvées par le partenaire (12 %).
Alors que le jour J approche et que mille questions liées aux préparatifs des noces se bousculent dans l’esprit des futurs époux, un sujet mérite d’être abordé en toute transparence : celui de l’argent. Bien qu’il reste encore tabou et/ou qu’il soit parfois considéré comme un véritable tue-l’amour, il vaut mieux l’évoquer avant de se dire… oui.
La rédaction d’Ymanci a choisi d’offrir un cadeau précieux aux futurs mariés : un tour d’horizon pour éviter de commettre les erreurs financières et fiscales qui reviennent régulièrement au début de son mariage. Alors quels sont les pièges fiscaux et financiers à ne pas commettre ?
Ne pas connaître les changements fiscaux après le mariage
Les épousailles entraînent de nombreux changements pour les jeunes mariés, mais aussi pour l’administration fiscale. En France, le mariage modifie la situation fiscale. Un changement qui peut impacter le budget. Le mariage va, effectivement, modifier la manière dont le couple va déclarer ses revenus. Les époux, formant désormais un seul foyer fiscal, doivent en principe effectuer une déclaration commune de leurs revenus annuels auprès des impôts, et ce, l’année de leur mariage. Toutefois, ils peuvent opter pour deux déclarations séparées, uniquement cette année-là.
Les époux mariés sous le régime de la séparation de biens peuvent continuer à être imposés séparément après l’année du mariage, à condition de ne pas vivre sous le même toit. Une autre situation peut justifier une imposition distincte : l’éloignement géographique pour des raisons professionnelles. Pour cela, il faut que le couple vive dans des logements séparés à la suite d’une séparation effective du foyer. Un éloignement temporaire lié à une mission ou à des contraintes professionnelles ne suffit pas forcément à obtenir une imposition séparée.
Bon à savoir
En fonction de la situation des futurs mariés, il est préférable d’effectuer un bilan patrimonial. Il leur permettra d’adopter le régime matrimonial le plus adapté à leur profil, notamment financier, et d’anticiper les conséquences d’un mariage sur la fiscalité.
Le prélèvement à la source doit être mis rapidement à jour
Les époux doivent signaler leur mariage à l’administration fiscale dans les 60 jours, sur le service « Gérer mon prélèvement à la source », disponible dans « l’espace Finances publiques ». Cette déclaration va permettre d’ajuster le taux de prélèvement et d’éviter des régularisations.
L’impact sur le montant va dépendre des revenus
Le mariage ne fait pas automatiquement baisser les impôts sur le revenu. Certes, il peut générer des économies notamment si les revenus des époux sont déséquilibrés et s’ils ne se situent pas dans la même tranche d’imposition. À l’inverse, la fusion des revenus peut les placer dans une tranche supérieure si les deux revenus sont élevés.
D’autres impôts peuvent être impactés par le mariage :
- La taxe d’habitation, toujours applicable pour les résidences secondaires.
- La taxe foncière, réservée aux propriétaires d’un bien immobilier. Dès qu’un logement appartient à plusieurs personnes, l’avis d’imposition peut être établi au nom de l’un des copropriétaires. Chaque conjoint est néanmoins redevable de cette taxe sur les biens dont il est le seul propriétaire.
- L’impôt sur la fortune (IFI)² : les couples assujettis à l’IFI sont imposés conjointement dès l’année du mariage. Cette imposition porte sur l’ensemble des biens immobiliers détenus individuellement ou en commun par les époux, indépendamment du régime matrimonial choisi.
Rapide, gratuit et sans engagement
Estimez votre future mensualité de prêt après rachat de crédits
Penser que parler d’argent tue l’amour
Avant des noces, beaucoup de mariés en France ne veulent pas évoquer les questions liées à leurs finances. L’absence de dialogue est risquée surtout lorsque les conjoints ont des rapports à l’argent très différents : dépensier ou économe, enclin à prendre des risques avec l’argent, etc. Ces non-dits peuvent menacer l’équilibre d’un couple sur le long terme. Comme la situation financière, les priorités et les projets évoluent tout au long d’une vie. Il est nécessaire de (re)faire un point régulièrement pour ajuster la gestion budgétaire.
Ne pas mettre en place un budget commun
Beaucoup de jeunes mariés oublient ou ne veulent pas fixer un budget mensuel précis incluant les dépenses liées au logement, à l’alimentation, aux loisirs, mais également aux aléas de la vie. Ce (mauvais) choix peut susciter un stress financier inutile et entraîner des conflits.
Manquer de transparence sur ses antécédents financiers
Selon une étude de Bunq, la transparence autour des finances fait souvent défaut. Entre 30 et 50 % des couples mariés interrogés en France (45 %), en Espagne (30 %) et au Royaume-Uni (38 %) ont déjà caché des achats ou des décisions financières à leur moitié. Il faut également savoir que de nombreux couples, qui ont contracté des dettes et souscrit des crédits, ne le révèlent pas forcément. La confiance et la tranquillité passent par une communication sur les finances, sur les habitudes tournant autour des dépenses : les revenus, les dettes, l’épargne, etc.
Unir trop rapidement les comptes communs
Comme le dit un dicton : « Ce qui est à toi est à moi ». Certes, l’ouverture d’un compte commun est utile et peut sembler normale pour de jeunes mariés. Il n’est donc pas interdit d’en ouvrir un qui sera consacré, par exemple, aux dépenses communes : le loyer, l’alimentation, l’éducation des enfants, etc. Cependant, il est recommandé de ne pas mettre ses œufs dans le même panier. Il est souhaitable de garder des comptes individuels pour préserver une certaine autonomie, pour épargner à titre personnel et réduire les situations conflictuelles au moindre désaccord sur la gestion financière.
Ignorer les projets sur le long terme
La jeune mariée rêve d’acquérir un bien immobilier. Le marié veut fonder une famille. L’un veut parcourir le monde tandis que l’autre surnommé « Picsou », préfère limiter ses dépenses en raison de l’éducation financière qu’il a reçue. Chaque conjoint a ses propres priorités, ses propres rêves. Comme les habitudes financières, les projets doivent être abordés rapidement pour éloigner les désaccords. Pourquoi ne pas établir un plan sur une décennie, par exemple ?
Faire en sorte que les dépenses ne soient pas réparties équitablement
Après avoir défini le budget lié aux dépenses communes et ouvert un compte pour ces dépenses, il est préférable de l’alimenter en tenant compte des revenus. Si l’un des deux mariés gagne moins que l’autre, mais verse autant, il lui restera moins d’argent personnel à la fin de chaque mois. Son train de vie pourrait en pâtir. Dans ce cas de figure, il est préférable d’équilibrer les dépenses communes au prorata des revenus individuels, mais surtout de suivre leur évolution. Une augmentation de salaire, l’arrivée d’un enfant, l’acquisition d’un bien immobilier, une période de chômage, etc. Ces changements peuvent chambouler votre vie mais aussi votre budget.
Négliger le régime matrimonial
Les futurs mariés n’ont pas rédigé de contrat de mariage. Ils vont automatiquement se placer sous le régime de la communauté réduite aux acquêts. C’est-à-dire que les biens acquis après les épousailles deviennent communs. Malheureusement, beaucoup de mariés ne respectent pas la formule matrimoniale traditionnelle : « jusqu’à ce que la mort nous sépare ».
Le taux de divorce brut stagnait à 1,9 pour 1 000 habitants en 2025. Sur 100 mariages, 45 se soldent par une rupture, d’après les chiffres issus des données de l’Insee et du ministère de la Justice. Quant aux prévisions, elles ne sont guère encourageantes : 122 000 divorces pourraient être prononcés en 2026, soit une hausse de 2 %. Par conséquent, un passage chez un notaire pour choisir un régime matrimonial adapté protégera les intérêts des deux époux.
Laisser les dettes se cumuler
Les dettes consécutives au mariage, aux frais d’installation ou à la consommation peuvent très vite s’accumuler. Si un projet immobilier ou autre se dessine, il est préférable de remettre les comptes à zéro avant sa mise en place.
Ne pas épargner ou ne pas investir ensemble
Demain est un autre jour ! Cette note d’optimisme chez certains couples leur fait oublier de constituer un fonds d’urgence ou d’épargner. Un oubli qui peut ébranler une stabilité financière et fragiliser le nouveau foyer en cas d’imprévu. Un investissement ou une épargne de précaution sert à dynamiser les projets futurs en commun, à enrichir son patrimoine et à préserver des bases financières solides et saines.
Aborder les sujets qui dérangent
Quand deux personnes sont sur le point de se marier, elles ne veulent pas évoquer les sujets qui dérangent, comme la mort ou le divorce.
- La perte d’un être cher est souvent imprévisible. Dans ce cas de figure, une succession non préparée peut réserver de mauvaises surprises. Un contrat est préférable pour protéger son conjoint en cas de décès.
- Beaucoup d’unions sacrées au commencement peuvent finir par un divorce. Lors de la rupture officielle d’un mariage civil et/ou religieux, le sujet de l’argent peut devenir problématique, surtout si les conjoints n’ont pas signé de contrat de mariage. Il est préférable d’en discuter pour établir la répartition du patrimoine au moment d’un divorce.
Différents cadres juridiques existent. Il est possible de se rapprocher d’un notaire pour en discuter.
Ce qu'il faut retenir
- Les mariés ne doivent pas oublier de parler d’argent dès le début pour éviter les tensions.
- Le mariage implique de se montrer totalement transparent sur les revenus, les dettes et les habitudes financières.
- Ils doivent répartir les dépenses en fonction des revenus de chacun.
- Il est préférable de prévoir un fonds d’urgence puis de rembourser les dettes avant de planifier d’autres projets.
- Le choix d’un régime matrimonial adapté à leur situation est primordial.
- Ils doivent définir des projets à long terme : acquérir une maison ou un appartement, fonder une famille, partir à la découverte du monde, etc.
- Ils peuvent ouvrir un compte commun, mais ils doivent aussi garder des comptes personnels séparés.
- Ils sont tenus de se rapprocher de l’administration fiscale, car le mariage entraîne de nombreux changements.
Ces articles peuvent également vous intéresser :
¹ Cette étude a été réalisée auprès de 4 000 personnes en couple en France, en Espagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
²Les personnes soumises à l’IFI sont celles qui disposent d’un patrimoine immobilier supérieur à 1,3 million d’euros.