Progression du surendettement en 2025 : les clés pour inverser la tendance ?
Si nous nous basons sur le baromètre de l’inclusion financière du mois de décembre 2025, les dossiers de surendettement déposés par les ménages, pris à la gorge financièrement, continuent de s’amonceler à la Banque de France. En décembre dernier, le nombre de dossiers de surendettement déposés par les particuliers s’élevait à 12 719. Sur l’ensemble de l’année passée, 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés, soit une hausse de 9,8 % par rapport à la même période en 2024 : 134 803. En résumé, le surendettement n’a pas fléchi en 2025. Il a même progressé.
Cette information a été communiquée par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, le 14 janvier 2026, lors d’une audition devant la commission des Finances du Sénat. Pour lui, le phénomène n’est pas nouveau :
Nous voyons repartir depuis deux ans le nombre de dossiers de surendettement… Si je compare au pic de 2014, on est encore à -32 %.
Les inscriptions au FICP étaient en hausse de 0,7 % en 2025 par rapport à l’année précédente
Une hausse préoccupante ! Le nombre des nouvelles inscriptions de personnes* au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) était de 82 300 en décembre 2025. Entre janvier et novembre 2025, 835 062 dossiers ont été déposés. Voici le détail des inscriptions au FICP :
- Les inscriptions au FICP pour raison de surendettement se chiffraient à 7 793 en décembre 2025 et à 89 265 sur l’ensemble de l’année 2025.
- Les inscriptions au FICP pour raison d’incidents de paiement s’élevaient à 74 746 en décembre 2025 et à 828 336 sur les douze mois de l’année 2025.
Quelles sont les conséquences d’une inscription au FICP ?
Une inscription au FICP, qui recense les incidents de paiement liés aux crédits, est contraignante pour les Français qui se retrouvent dans cette situation. En effet, les actions financières, autrefois possibles, sont considérablement réduites. Par exemple, le fichage empêche de souscrire un crédit pendant plusieurs années, voire d’accéder à certains services bancaires. Il engendre également des conséquences sur l’accès au logement puisque les particuliers ne peuvent plus contracter un crédit immobilier.
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Est-ce le même constat pour les inscriptions au fichier central des chèques, pour les demandes d’information et d’accompagnement ou encore les procédures du droit au compte ? Découvrez les réponses ci-dessous.
Les inscriptions au FCC ont reculé de 11,5 % sur l’année 2025
Le nombre des nouvelles inscriptions de personnes au fichier central des chèques (FCC) recule, quant à lui, de 11,5 % sur la même période. Cette baisse suggère ainsi une diminution des incidents liés à un moyen de paiement : les chèques ou les cartes bancaires. Découvrez les chiffres détaillés :
- Le nombre de personnes inscrites au FCC* était à 45 754 en décembre dernier et à 615 092 entre janvier et décembre 2025.
- Le nombre de personnes inscrites au FCC pour raison d’incidents sur chèque était de 40 443 en décembre 2025 et de 547 863 entre janvier et décembre 2025.
- Le nombre de personnes inscrites au FCC pour raison de retrait de carte bancaire s’élevait à 5 562 et à 70 410 sur les douze mois de l’année dernière.
*Une personne peut connaître plusieurs incidents au cours du mois sous-revue.
Les demandes d’information ou d’accompagnement des particuliers en matière d’inclusion financière ont augmenté en 2025
Un lien de cause à effet ! Comme de nombreux Français se sont retrouvés dans cette situation inconfortable en 2025, il est tout à fait normal que le nombre de demandes de conseils financiers ou d’accompagnement, notamment pour les situations de surendettement ou d’exclusions bancaires, soit également en hausse en décembre 2025 : 167 316. Près de 2 120 000 demandes d’information ou d’accompagnement des particuliers en matière d’inclusion financière ont été réceptionnées entre janvier et décembre 2025, soit une augmentation de 7 % par rapport à la même période en 2024.
Les désignations de droit au compte se sont repliées de 20,5 % sur l’ensemble de l’année 2025 par rapport à 2024
Selon le baromètre de l’inclusion financière, le nombre de désignations de banques pour l’ouverture d’un compte était de 1 848 en décembre dernier et de 23 289 entre janvier à décembre 2025.
Bon à savoir
Le droit au compte bancaire garantit l’accès à un compte pour les personnes privées de services bancaires classiques, assorti de services bancaires de base dans un autre établissement.
Quels sont les leviers habituels pour éloigner la spirale du surendettement ?
Alors que le surendettement est en progression, des solutions pour retrouver une certaine souplesse budgétaire et prévenir, voire éloigner le risque de surendettement existent pour inverser la tendance. Voici celles qui reviennent le plus fréquemment :
- La renégociation des crédits et de certains abonnements : électricité, internet, etc.
- Le rachat de crédits, aussi appelé le regroupement de crédits. Ce montage financier réunit l’ensemble ou une partie des crédits à la consommation et/ou immobilier, ainsi que les dettes personnelles dans un seul et même prêt.
Cette opération bancaire peut s’avérer intéressante pour permettre au particulier de retrouver un reste à vivre plus confortable et d’éloigner le spectre du surendettement. Grâce au regroupement de prêts, le particulier n’aura plus qu’une mensualité unique mieux adaptée à sa situation financière. En fonction du contexte, il pourra même profiter de meilleurs taux d’intérêt.
Bon à savoir
Il faut cependant garder à l’esprit que la diminution du montant des mensualités peut entraîner l’allongement de la durée du remboursement, augmenter le coût total du crédit et l’endettement total.
Si la renégociation de vos crédits ou le rachat de prêts est une solution, il faut prendre en considération d’autres changements qui interviendront le 20 novembre prochain.
Quels seront les prochains changements pour limiter le surendettement ?
Pour réduire les dossiers de surendettement, de nouvelles règles entreront en vigueur le 20 novembre 2026 grâce à l’ordonnance 2025-880 relative au crédit à la consommation. La mise en place de ces nouvelles mesures est censée modifier les pratiques et les habitudes, aussi bien des consommateurs que des établissements financiers. En effet, ces évolutions de la réglementation sur le crédit à la consommation ont plusieurs buts :
- Mieux encadrer ce type de prêt.
- Offrir une meilleure protection aux emprunteurs.
- Réduire par la même occasion le risque de surendettement.
Découvrez dès maintenant les produits financiers qui seront touchés par ces prochaines évolutions !
Les mini-crédits et les paiements fractionnés visés par ces changements
Selon la Banque de France, ces produits financiers ont précipité un nombre croissant de Français dans la spirale du surendettement. Précisons que ces prêts se sont considérablement développés ces dernières années. Les consommateurs y ont de plus en plus recours depuis la hausse du coût de la vie et des difficultés économiques. C’est pourquoi, Rémi Legrand, qui enseigne à Sciences Po depuis 2006, estime que cette évolution autour des emprunts est importante :
Ces facilités de paiement explosent en Europe. Leur encadrement est aujourd’hui très léger. Vous pouvez les obtenir en trois clics ou en quelques instants en caisse… Lorsqu’il paie en trois fois, le consommateur n’est alors pas conscient qu’il est en train de faire un crédit. Avec tous les engagements que cela suppose, comme le rembourser, sous peine de perdre son bien.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait également tiré la sonnette d’alarme en découvrant la hausse des dossiers de surendettement :
La diffusion croissante de nouveaux produits, comme les mini-crédits ou les paiements fractionnés, fait peser des risques accrus sur certains publics fragiles, dont les plus jeunes.
Les découverts bancaires n’échappent pas à ces ajustements
Quels que soient le montant et la durée des découverts bancaires, les prêteurs auront l’obligation de mieux approfondir la solvabilité du client. À l’heure actuelle, dès qu’une demande de découvert est réalisée pour un montant égal ou supérieur à 200 € et/ou pour une durée de plus d’un mois, le prêteur est obligé d’effectuer une analyse de la solvabilité de son client. Mais l’ordonnance, qui entrera en vigueur le 20 novembre prochain, va élargir cette analyse aux découverts bancaires de moins de 200 € et/ou d’une durée de moins d’un mois. Quant aux découverts autorisés avant cette date, ils ne seront pas concernés par cet ajustement.
La publicité sur ces produits financiers sera mieux encadrée
Les banques ne pourront plus promouvoir la facilité d’obtention d’un crédit dans leurs publicités afin de limiter les incitations à l’endettement. Les crédits sans frais, les paiements fractionnés, les crédits à la consommation allant de 75 000 à 100 000 €, les contrats pour la location avec option d’achat (LOA) seront également concernés par cette évolution.
Quant à la fameuse formule qui accompagne les publicités, à savoir « un crédit vous engage et doit être remboursé », elle deviendra en novembre 2026 :
Attention ! Un crédit coûte de l’argent et doit être remboursé.
Les établissements bancaires devront vérifier minutieusement et systématiquement la solvabilité de leurs clients à la recherche d’un crédit en procédant à l’évaluation de leurs revenus, de leurs dépenses courantes et de leur patrimoine. L’étude de la solvabilité permettra de définir le reste à vivre ainsi que la capacité réelle de remboursement des consommateurs afin d’éviter l’octroi irresponsable de crédits et de limiter les risques d’impayés et d’accumulation de dettes.
Qui sont ces Français tombés dans le piège du surendettement ?
Souvent, il s’agit de ménages français confrontés à des fragilités structurelles : individuelles, familiales, sociales et économiques. Découvrez le détail des personnes surendettées en 2025 :
- 59 % vivent sous le seuil de pauvreté.
- 88 % sont des locataires ou des hébergés à titre gratuit.
- 83 % des surendettés ont entre 25 et 64 ans.
- 57 % sont séparés, célibataires ou veufs.
- 55 % sont des femmes.
- 53 % sont des employés et des ouvriers.
- 20 % sont des familles monoparentales.
- 52 % sont des personnes qui vivent seules.
Mais il y a également les foyers qui se sont subitement retrouvés avec des ressources limitées. Ces profils, qui ne sont pas en situation de pauvreté, ont vu leur balance budgétaire pencher du mauvais côté à cause d’un aléa de la vie : un accident, une maladie, un licenciement, une séparation, le décès d’un être cher, etc. Sans oublier, les particuliers qui dilapident leur argent, qui ne savent pas économiser.
Ce qu'il faut retenir
- Les dossiers de surendettement étaient en hausse en novembre 2025.
- Le surendettement dans l’Hexagone affecte surtout les ménages peu aisés.
- Les établissements prêteurs devront renforcer leur vigilance sur la solvabilité de leurs clients pour mieux les protéger.
- Les évolutions prochaines, concernant notamment la délivrance d’un crédit, sont censées réduire les risques de surendettement liés à des emprunts de faible montant et à court terme.
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