La BCE a-t-elle relevé ses taux directeurs en mars 2026 ?

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Florence Carpentier journaliste de la presse écrite
Publié le , mis à jour le
par Florence Carpentier - Journaliste de la presse écrite

La banque centrale européenne (BCE) a-t-elle modifié sa politique monétaire ce jeudi 19 mars 2026 ? Non, elle a maintenu ses trois taux directeurs inchangés lors du Conseil des gouverneurs, à Francfort en Allemagne. Elle estime que l’inflation dans la zone euro ne justifie pas, à ce stade, un ajustement de ses taux.

L’inflation reste globalement contenue autour de 2 % en dépit d’un contexte géopolitique marqué par des incertitudes persistantes. En effet, les prix du pétrole et du gaz naturel flambent depuis le début du conflit au Moyen-Orient, qui a commencé par des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran fin février.

Quels sont les taux directeurs en mars 2026 ?

La BCE estime que ces tensions persistantes, susceptibles d’exercer des pressions haussières sur les prix de l’énergie et des matières premières, ne nécessitent pas un changement de cap dans sa politique monétaire. C’est pourquoi, le Conseil des gouverneurs s’est conclu par la stabilité de ses taux directeurs, entamée en juin 2025.

Les gardiens de l’euro restent donc fidèles à leur stratégie mise en place ces derniers mois. C’est-à-dire que chaque décision est prise réunion après réunion, en s’appuyant uniquement sur les données disponibles.

Le taux de refinancement, dit taux de refi est à 2,15 %

Ce taux d’intérêt est appliqué quand les banques commerciales empruntent de l’argent à la BCE. Il est accordé pour une semaine. Ces liquidités obtenues permettent aux banques d’accorder des crédits aux ménages et aux entreprises.

Le taux de facilité de prêt marginal est à 2,40 %

Il s’agit du taux appliqué aux banques commerciales qui doivent se refinancer en urgence, à très court terme. En règle générale, il se situe à 25 points de base de plus que le taux de refinancement.

Son maintien à 2,40 % est de bon augure. Il signale que la BCE ne perçoit pas, à ce jour, de tensions majeures dans le système bancaire, notamment français.

Le taux de la facilité de dépôt est à 2,00 %

Ce taux correspond à la rémunération accordée aux banques commerciales qui souhaitent placer leurs excédents de liquidités à la BCE pour une courte durée.

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Quelles sont les projections des économistes ?

Ces derniers sont partagés quant à la trajectoire future des taux directeurs de la BCE. Certains, comme Grant Slade, l’économiste international chez Morningstar, restent confiants.

Nous ne pensons pas que le conflit au Moyen-Orient modifie sensiblement les perspectives concernant les taux directeurs de la zone euro en 2026, à condition que ce conflit reste relativement bref.

Il juge que les marchés ont réagi de manière excessivement vive aux tensions géopolitiques. Puis il évoque une nouvelle baisse des taux d’ici la fin de l’année.

En revanche, d’autres se montrent plus circonspects à l’image de Carsten Brzeski, responsable mondial de l’analyse macroéconomique chez ING. L’économiste table sur une ou deux hausses de 25 points des taux directeurs d’ici à la fin de l’année 2026, surtout si le détroit d’Ormuz reste bloqué plusieurs mois.

En effet, la quasi-paralysie de ce détroit, qui connecte l’océan Indien au golfe Persique, ferait grimper les prix du pétrole autour de 110 à 120 dollars le baril. Si elle s’éternise ! Ce scénario pourrait alors obliger la BCE à revoir sa position actuelle afin de contenir l’inflation.

Bon à savoir

Ulrike Kastens, économiste senior chez DWS, tient le même discours. Il estime qu’une hausse de 25 points de base des taux directeurs est de plus en plus crédible dans cet environnement instable.

[…] Une hausse des taux devient donc de plus en plus probable, tandis que les baisses de taux sont exclues.

Qu’est-ce qui pourrait contraindre la BCE à relever ses taux directeurs ?

La durée de la guerre au Moyen-Orient, tout simplement. Tant que ce conflit dure, il va continuer de perturber les marchés de l’énergie et d’alimenter les craintes inflationnistes en provenance du Moyen-Orient. Combien de temps va-t-elle durer ? Personne n’a la réponse à cette question.

Dans ce contexte incertain, la banque centrale des pays de l’Union européenne qui ont adopté l’euro et sa présidente, Christine Lagarde, vont s’atteler à surveiller attentivement l’évolution de la situation géopolitique. Leur objectif est connu : éviter que la flambée inflationniste, observée en 2022 et en 2023, ne se reproduise.

Quels sont les autres critères qui poussent la BCE à ajuster ses taux directeurs ?

La Banque centrale responsable de la monnaie unique européenne, l’euro, ne se contente pas d’observer l’évolution des prix de l’énergie pour ajuster sa politique monétaire. Elle se base aussi sur les anticipations d’inflation formulées par les ménages, les entreprises, les investisseurs.

La situation reste sous contrôle pour la BCE si les anticipations restent alignées avec son objectif : inflation autour de 2 %. En revanche, si ces acteurs commencent à anticiper une inflation plus élevée, le risque d’une spirale prix/salaires s’accroît. Dans ce cas, la BCE peut décider de relever ses taux directeurs pour calmer l’économie et empêcher une spirale inflationniste.

Pourquoi les décisions de la BCE font grimper ou baisser les taux des crédits ?

Pour accorder un emprunt immobilier, une banque commerciale doit posséder des liquidités suffisantes. Ces liquidités, un établissement financier les obtient en empruntant sur le marché interbancaire ou auprès de la BCE. Ce refinancement dépend des taux directeurs décidés par l’institution européenne qui a toute latitude pour adopter une tendance haussière ou baissière de ses taux directeurs.

Un emprunt de ce type devient plus coûteux pour une banque commerciale dès que les taux directeurs sont en hausse. Pour conserver ses marges, une banque va donc ajuster ses taux d’intérêt, qui vont se répercuter sur les prêts proposés à ses clients. À contrario, une baisse facilite l’accès au crédit.

Que signifie la hausse des taux d’intérêt directeurs ?

Une hausse de ces taux est le reflet d’une politique monétaire restrictive pour ralentir l’inflation. Pour les emprunteurs, cela signifie un coût des crédits plus élevé, impactant les prêts immobiliers, mais également les financements d’entreprise.

Dans ce cas, un particulier, voulant financer l’achat d’un bien immobilier, peut rencontrer des difficultés. En effet, sa capacité d’emprunt diminue mécaniquement, diminuant ainsi la somme qu’il peut emprunter ou allongeant la durée de son emprunt.

Que signifie la baisse des taux d’intérêt directeurs ?

Un recul des taux signifie une politique accommodante pour apporter un soutien à l’activité économique. Pour ceux qui souhaitent emprunter, les crédits plus accessibles favorisent la consommation et l’investissement.

Bon à savoir

Quelles sont les prochaines dates des réunions de la BCE ?

  • 30 avril 2026.
  • 11 juin 2026.
  • 23 juillet 2026.
  • 10 septembre 2026.
  • 29 octobre 2026.
  • 17 décembre 2026.

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