Les canicules peuvent redessiner la carte de l’immobilier en France !

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Florence Carpentier journaliste de la presse écrite
Publié le , mis à jour le
par Florence Carpentier - Journaliste de la presse écrite
Article supervisé par Anthony Ditte

Des millions de logements dans l’Hexagone sont très mal isolés. Et les Français, qu’ils soient locataires ou propriétaires, jeunes ou âgés, en bonne ou en mauvaise santé, en font la triste expérience depuis le mois de juin 2026. Alors que trois vagues de chaleur successives se sont abattues sur la France, la situation est devenue rapidement invivable, puisqu’il n’était pas rare de voir la température monter jusqu’à 36 °C dans leurs habitations. Autant dire que ces conditions climatiques ont obligé certains à déménager temporairement.

Ces fortes chaleurs ont également provoqué des prises de conscience chez les Français. Aujourd’hui, certains se disent prêts à déménager pour trouver refuge dans des régions, des départements et des villes où la température serait plus tempérée et moins insoutenable pour leur moral, leur santé, leur sommeil, voire leurs finances. Les primo entrant, quant à eux, songent directement à réussir leur projet immobilier en investissant au bon endroit.

Quand la chaleur devient un critère dans le choix d’un bien immobilier

Depuis des décennies, les futurs propriétaires s’arrêtent généralement sur plusieurs facteurs avant de choisir un bien immobilier :

  • Le prix au mètre carré.
  • Les caractéristiques de l’habitation : ancienne ou neuve ; maison ou appartement ; rez-de-chaussée ou étage ; jardin ou balcon, parking, etc.
  • Le dynamisme du bassin d’emploi.
  • La proximité avec les commodités : commerces, hôpitaux, transports en commun, espaces verts, établissements scolaires, infrastructures sportives, etc.
  • Le sentiment de sécurité et la qualité du cadre de vie.

Toutefois, l’étude Canicule & Immobilier 2026¹, menée par leboncoin, montre une évolution des intentions des ménages vivant dans l’Hexagone. 81 % des sondés ont ressenti, parfois ou souvent, un inconfort important pendant les fortes chaleurs dans leurs logis : mauvaise orientation du bien, absence de volets, d’isolation thermique, de ventilation ou encore de végétation. C’est ainsi que 7 % des Français interrogés envisagent sérieusement un déménagement alors que 27 % pourraient y réfléchir d’autant que ce phénomène météorologique devrait prendre de l’ampleur, selon les experts climatiques. Les canicules n’indisposent pas que les malades ou les personnes âgées. Chez les 18-24 ans, 18 % se disent prêts à migrer vers une autre région, contre seulement 1 % des plus de 65 ans. La jeune génération est également disposée à prendre en compte les enjeux climatiques dans ses futurs projets résidentiels.

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Quelles sont les destinations à privilégier en cas de déménagement ?

Comme pour le modèle du Diagnostic de performance énergétique (DPE) pour l’hiver, le confort climatique devrait de plus en plus s’inviter dans les choix résidentiels, surtout si la fréquence et l’intensité des pics de chaleur croissent dans les prochaines années. Si des régions sont pressenties comme plus agréables en cas de fortes chaleurs, nous savons que la « terre promise », permettant d’éviter le réchauffement climatique et, par conséquent, les effets néfastes de la canicule, n’existe pas.

Dans cette étude, les propriétaires et les locataires interrogés restent pourtant persuadés que des régions sont davantage préservées des fortes chaleurs estivales. C’est pourquoi :

  • 42 % opteraient pour un littoral tempéré, comme la côte atlantique.
  • 27 % choisiraient la montagne et l’altitude.
  • 18 % auraient une préférence pour les régions du nord de la France.

Pour eux, les régions ci-après pourraient devenir un refuge climatique :

  • La Bretagne, avec en tête la ville de Brest.
  • La Normandie et, plus particulièrement, Le Havre.
  • Le Nord avec une préférence pour Dunkerque et Lille.
  • Les Pyrénées.
  • Le Massif central.
  • Les Alpes.
  • Les Vosges.
  • Le Jura.

Quelles sont les régions qui pourraient se dépeupler en cas de canicule à répétition ?

Les habitants, surtout dans la moitié sud, sont plus régulièrement exposés aux fortes chaleurs. Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir aller voir ailleurs si l’herbe est moins « grillée » par les rayons du soleil. Signalons que des villes comme Perpignan dans les Pyrénées-Orientales, Nîmes dans le Gard, Toulon dans le Var et Calvi en Haute-Corse figurent parmi les villes qui battent régulièrement des records de chaleur. En conséquence, les intentions de départ sont très élevées dans ces régions touchées par ces périodes climatiques intenses, à savoir :

  • La Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) : 18 %.
  • L’Occitanie : 8 %
  • L’Auvergne-Rhône-Alpes : 8 %
  • Le Centre-Val de Loire : 8 %.

Beaucoup d’agents immobiliers travaillant dans les régions touchées par ces périodes climatiques intenses ont vu des changements de comportement ces dernières années. Certains propriétaires ne réfléchissent plus, mais agissent. Ils ont vendu leur résidence principale et/ou ont investi dans une résidence secondaire dans l’Ouest de la France pour s’éloigner de ces vagues de chaleur.

Quels sont les dangers pour l’immobilier ?

Il est encore prématuré pour parler d’exode climatique. Toutefois, le changement climatique et ses conséquences ont déjà affecté de nombreux acteurs du marché immobilier : les promoteurs, les investisseurs, les agents immobiliers, les propriétaires, les acheteurs, etc.

Dans les régions jugées plus attractives en raison des températures plus supportables, la hausse des demandes pourrait saturer le marché et augmenter les prix de vente. À l’inverse, les zones plus exposées aux fortes chaleurs et aux risques climatiques font craindre aux propriétaires une dévalorisation de leur bien immobilier lors de la revente. Cette évolution pourrait, effectivement, renforcer l’attractivité de certains territoires perçus comme plus tempérés et creuser des écarts, créant une fracture immobilière entre les territoires à court ou à moyen terme.

Le parc immobilier mal adapté aux fortes chaleurs

En 2024, le cabinet de conseil Pouget Consultants pour IGNES² s’est appuyé sur neuf millions de diagnostics de performance énergétique (DPE) pour évaluer le confort thermique des habitations en été. Leurs conclusions montrent que 90 % des logements seraient mal préparés pour affronter les fortes chaleurs : absence de protections solaires extérieures comme des volets ou des stores, manque d’isolation, ventilation insuffisante ou faible présence de brasseurs d’air. Plus préoccupant encore, un logement sur deux est aujourd’hui considéré comme « une bouilloire thermique ». Dans ce contexte, les travaux de rénovation énergétique apparaissent comme une réponse concrète pour préserver la fraîcheur des logements en France et ainsi améliorer le confort d’été.

La résidence secondaire, une solution face à la chaleur ?

La variable climatique devenant un critère dans le choix d’un logement, des particuliers ont peut-être trouvé la solution idéale pour fuir les fortes chaleurs comme le montre l’étude leboncoin : l’achat d’une résidence secondaire. Cette option apparaît comme une solution d’adaptation plus réaliste qu’un déménagement définitif :

  • 7 % d’entre eux envisagent sérieusement l’acquisition ou la location d’une résidence secondaire dans une région plus fraîche.
  • 26 % des répondants pourraient mettre le sujet sur la table si la situation s’aggravait.

Changer de région n’est pas la seule réponse possible. L’adaptation du parc immobilier existant est aussi une solution pour réduire les températures extrêmes dans son intérieur, notamment grâce à la rénovation énergétique.

Canicule mais aussi inondation, sécheresse, etc. mettent en danger l’immobilier

Outre la hausse des températures, d’autres risques climatiques peuvent toucher votre région : les pluies intenses et les inondations, les pénuries d’eau, la sécheresse, les feux de forêt ou les pics de pollution. Les continents en ont déjà fait les frais, puisque ces phénomènes tuent des millions de personnes année après année, menacent d’engloutir des îles et des villes côtières, bouleversent la biodiversité, refaçonnent la carte de la planète bleue et provoquent de lourds dégâts matériels, notamment sur les biens immobiliers.

Si vous connaissez désormais les régions plus habitables en période de hausse des températures, nous allons énumérer quelques villes pour éviter les autres catastrophes, selon le site Investissement Locatif.

Les pluies intenses provoquant des inondations et des crues

Les images du hameau de la Bérarde à Saint-Christophe-en-Oisans complétement ravagé par des crues torrentielles en juin 2024 sont encore présentes dans nos têtes. La montée des eaux peut engloutir un placement financier en quelques secondes. Les inondations sont, en règle générale, moindres dans les communes suivantes :

  • Reims.
  • Lille.
  • Rennes.
  • Angers.
  • Tours.
  • Toulouse.
  • Lyon.
  • Grenoble.
  • Limoges.
  • Clermont-Ferrand.
  • Besançon.
  • Mulhouse.
  • Dijon.
  • Metz.
  • Nancy.

Cela ne veut pas dire qu’elles ne seront jamais touchées par des inondations, mais elles sont moins exposées.

Les feux de forêt

Pendant la période estivale, des incendies peuvent ravager des milliers d’hectares d’espaces boisés en France. Les risques de feux de forêt sont moindres dans certaines villes :

  • Paris.
  • Dunkerque.
  • Lille.
  • Le Havre.
  • Orléans.
  • Tours.
  • Angers.
  • Rennes.
  • Reims.
  • Mulhouse.
  • Nancy.
  • Strasbourg.
  • Metz.
  • Besançon.
  • Lyon.
  • Limoges.
  • Clermont-Ferrand.
  • Grenoble.
  • Toulouse.

Ce qu'il faut retenir

¹ L’étude « canicule & immobilier » par leboncoin immo a été réalisée le 18 juin 2026 auprès de 1 752 répondants du panel la bonne communauté.

²IGNES est l’Alliance des industriels qui proposent des solutions électriques et numériques pour donner vie et animer le bâtiment au service de ses occupants.

Parmi les villes qui pourraient mieux aborder le dérèglement climatique que d’autres, certaines ont aussi des prix au m² abordables pour un achat ou un investissement locatif :

Anthony Ditte
Article supervisé par Anthony Ditte
Directeur marché Immobilier et Professionnels
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Article écrit par Florence Carpentier LinkedIn

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