La BCE relève à nouveau ses taux directeurs en septembre 2026
Sommaire
La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas pris à contre-pied les marchés financiers qui s’attendaient, en majorité, à une nouvelle hausse des taux directeurs. À l’issue de sa réunion du 10 septembre, le Conseil des gouverneurs a, en effet, relevé de 0,25 % ses trois taux. Il s’agit de la deuxième hausse depuis le début de l’année 2026. Cette décision est la conséquence de la remontée des prix du pétrole et du gaz pendant l’été, ravivant du même coup les tensions inflationnistes dans la zone euro :
- 2,9 % en glissement annuel pour l’inflation totale.
- 2,5 % en glissement annuel pour l’inflation sous-jacente, excluant les composantes volatiles telles que l’énergie et les produits alimentaires.
L’inflation reste au-dessus de l’objectif visé par la BCE : 2 %.
À combien s’élèvent les taux de la BCE après la réunion du 10 septembre 2026 ?
Pour justifier sa décision, la « gardienne de l’euro » s’est appuyée sur les données suivantes : les chiffres de l’inflation, la croissance au deuxième trimestre et les indicateurs de confiance des consommateurs. Voici les nouveaux taux directeurs :
| Trois taux directeurs | 30 avril 2026 | 11 juin 2026 | 23 juillet 2026 | 10 septembre 2026 |
| Taux de facilité de dépôt | 2,00 % | 2,25 % | 2,25 % | 2,50 % |
| Taux de refinancement de base | 2,15 % | 2,40 % | 2,40 % | 2,65 % |
| Taux de facilité de prêt marginal | 2,40 % | 2,65 % | 2,65 % | 2,90 % |
Le retour du resserrement monétaire après une courte pause estivale
Pour combattre l’inflation, le Conseil des gouverneurs avait procédé à dix hausses consécutives entre juillet 2022 et septembre 2023, faisant passer le taux de dépôt de 0,50 % à 4,00 %. Face au ralentissement des tensions inflationnistes, les membres de la principale institution monétaire de l’Union européenne avaient finalement changé leur fusil d’épaule en abaissant les trois taux directeurs à huit reprises. Cette orientation avait permis de ramener le taux de dépôt à 2,00 % au printemps 2026. Toutefois, la récente remontée des prix de l’énergie les a contraints à durcir leur politique monétaire en juin 2026 pour contenir les risques inflationnistes pesant sur l’économie.
Hausse, stabilité, baisse : quelle direction pour les taux directeurs ?
À moins de posséder une boule de cristal – et encore -, il est très compliqué de prédire avec certitude la trajectoire future des taux directeurs, compte tenu du conflit au Moyen-Orient, désormais entré dans son septième mois. Parmi les économistes, les analyses divergent. Certains misent sur un ralentissement de la croissance économique et un reflux de l’inflation. Ce scénario ouvrirait probablement la voie à un assouplissement de la politique monétaire dans les prochains mois. D’autres estiment que l’institution basée à Francfort-sur-le-Main n’en a pas encore fini avec les augmentations des trois taux directeurs, notamment si les tensions inflationnistes persistent.
Alors, nouvelle baisse des taux de la BCE ou durcissement de la politique monétaire ? Quel est le point de vue de Michael Field, stratège en chef des marchés chez Morningstar sur la situation ?
Il est très probable qu’une nouvelle hausse ait lieu en décembre, ce qui porterait le taux de dépôt à 2,75 %. […] Au-delà de 2026, les perspectives sont beaucoup moins claires. Dans l’ensemble, les observateurs du marché estiment que les taux resteront stables. Suffisamment élevés pour lutter contre toute inflation persistante, mais suffisamment bas pour ne pas nuire de manière significative à la croissance économique de la région, le juste milieu.
Bon à savoir
D’ici à la fin de l’année, deux autres réunions de la BCE auront lieu le 29 octobre et le 17 décembre 2026.
De son côté, Bastian Freitag, responsable de la recherche économique chez Rothschild & Co Wealth Management, considère que les conditions permettant une baisse des taux pourraient se préciser pour deux raisons. La première concerne les effets de base :
À partir de mars 2027, des effets de base commenceront à se manifester dans les données de l’inflation, car les cours du pétrole ont flambé en mars avec le début du conflit au Moyen-Orient. Cela signifie que la hausse de l’inflation en glissement annuel devrait apparaître plus modérée à partir de mars 2027.
La seconde raison est le décalage dans la transmission de la politique monétaire. Pour Bastian Freitag, il faut entre neuf et dix-huit mois pour que la hausse des taux d’intérêt se répercute vraiment sur l’économie réelle. Il est donc vraisemblable que l’impact de la hausse des taux de juin ne sera ressenti qu’au début de l’année 2027.
Nous estimons qu’il y a de fortes chances pour que, d’ici 2027 au plus tard, les arguments en faveur de nouvelles hausses de taux ne soient plus aussi solides. […] Si les effets de second tour ne se concrétisaient pas, il y aurait de réelles raisons de ramener les taux à la baisse.
Les effets de second tour sont attentivement surveillés par la BCE. De quoi s’agit-il exactement ? Un resserrement monétaire favorise une nouvelle hausse des prix et entraîne logiquement des revendications salariales. Dans ce cas de figure, les taux resteraient élevés. À l’inverse, une inflation modérée et un ralentissement de la croissance économique ouvriraient la voie à de futures baisses des taux directeurs.
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Que signifie cette hausse pour un crédit immobilier ?
La hausse des trois taux directeurs peut augmenter le coût de refinancement des banques commerciales. Par conséquent, ces dernières peuvent répercuter cette augmentation sur les emprunts accordés à leurs clients, notamment les prêts immobiliers. Les taux d’intérêt proposés devenant plus coûteux, l’emprunteur peut être contraint de reporter ou tout bonnement d’abandonner son projet immobilier, en se retrouvant avec des mensualités plus importantes ou une capacité d’emprunt plus réduite. Avec des crédits plus chers, les acheteurs deviennent plus prudents et les transactions sont moins nombreuses, entraînant notamment un ralentissement du marché immobilier.
Ce qu'il faut retenir
- La BCE a décidé de relever de 0,25 % ses trois taux directeurs le 10 septembre 2026.
- Le taux de facilité de dépôt s’élève maintenant à 2,50 %.
- Le taux de refinancement de base est de 2,65 %.
- Le taux de facilité de prêt marginal atteint 2,90 %.
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