La BCE relève ses taux directeurs en juin 2026 : à quoi faut-il s’attendre ?

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Florence Carpentier journaliste de la presse écrite
Publié le , mis à jour le
par Florence Carpentier - Journaliste de la presse écrite
Article supervisé par Anthony Ditte

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), qui siégeait à Francfort le jeudi 11 juin 2026, a durci sa politique monétaire en augmentant les trois taux directeurs, comme le supputaient déjà de nombreux économistes le 30 avril dernier. Pourquoi la BCE applique-t-elle aujourd’hui cette hausse monétaire ? À combien s’élèvent désormais les taux directeurs ? Quels sont les risques pour les particuliers qui veulent souscrire un crédit immobilier ? Faisons le point sur cette situation qui a conduit la BCE à mettre fin à une période de stabilité de près d’un an.

Pourquoi la BCE a-t-elle durci ses taux directeurs ?

La guerre au Moyen-Orient, qui a commencé le 28 février 2026 par des bombardements américains et israéliens en Iran, impacte l’inflation en zone euro. Elle est repartie à la hausse : 3,2 % en mai, contre 3 % en avril, restant au-delà de l’objectif fixé par la BCE : 2 %. Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a même parlé de « choc très important » lors d’une déclaration à Reuters, fin mai :

L’inflation a déjà atteint 3 % et, selon les prévisions du marché, elle devrait encore augmenter pour atteindre 4 % en fin d’année.

Quant à l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l’énergie et les denrées alimentaires, elle a également augmenté plus rapidement que prévu pour atteindre 2,4 % en mai, contre 2,2 % le mois précédent, selon l’estimation de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le choix de la BCE d’augmenter ses taux directeurs s’explique donc par la volonté de faire face :

  • À la menace inflationniste liée à la hausse des prix de l’énergie.
  • Au ralentissement économique qui grandit depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février dernier.

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De combien la BCE a-t-elle augmenté ses taux directeurs ?

Après une longue période de baisse puis de stabilisation, la Banque centrale de la zone euro, comprenant les pays de l’Union européenne qui utilisent la monnaie euro, a décidé de relever les taux directeurs de 0,25 %.

  • Le taux de facilité de dépôt passe de 2,00 à 2,25 %.
  • Le taux de refinancement de base, qui était à 2,15 %, est maintenant à 2,40 %.
  • Le taux de facilité de prêt marginal est à 2,65 % au lieu de 2,40 %.

En octobre 2023, l’institution de Francfort-sur-le-Main, en Allemagne, avait mis fin à dix hausses consécutives, profitant du ralentissement de l’inflation entamé en 2022. Est-il nécessaire de rappeler que le taux de facilité de dépôt était repassé à 2 % en juin 2025, après avoir culminé à 4 % entre septembre 2023 et mai 2024 ?

Ce changement de trajectoire peut-il impacter les taux des prêts immobiliers ?

Après l’annonce du durcissement des taux directeurs par l’institution monétaire, les futurs emprunteurs peuvent légitimement s’interroger : faut-il s’attendre à une hausse rapide des taux des prêts immobiliers ? Selon les spécialistes du financement immobilier, entre autres les courtiers, les banques auraient déjà anticipé cette évolution, comme l’explique Fabienne Sombstay, directrice d’agence Ymanci basée à Dijon :

Les banques ont déjà augmenté leurs taux depuis que les OAT 10 ans ont commencé à remonter.

Par conséquent, les prochaines semaines semblent maîtrisées, laissant la porte ouverte à des projets déjà en place et bien préparés. Plusieurs courtiers ont même constaté que la majorité des banques essayaient de poursuivre leur politique de séduction, en continuant de produire plus de crédits avec des offres très compétitives pour les meilleurs profils et les dossiers les plus solides : taux autour de 3 %. Parmi celles qui ont augmenté leurs taux, la hausse reste, pour le moment, modérée alors que nous abordons le second semestre de l’année 2026.

En résumé, les barèmes bancaires ne devraient pas (encore) s’envoler et la demande de crédits immobiliers ne devrait pas s’effondrer, à moins que les taux directeurs n’augmentent rapidement, comme l’indique Fabienne :

 L’évolution des taux directeurs de la BCE influe sur le marché global. En effet, s’ils augmentent fortement, les coûts de crédit augmenteront encore plus. Et les consommateurs limiteront leurs dépenses en immobilier, mais aussi dans tous les secteurs. Et nos dirigeants pourront ainsi afficher une inflation contenue, c’est le but de la politique monétaire de la BCE : contrôler l’inflation.

D’autres critères peuvent impacter les conditions de financement : lesquels ?

Certes, l’évolution des taux directeurs de la BCE influe sur les conditions de financement proposées par les établissements prêteurs. Mais pas seulement ! Ces derniers ne déterminent pas leurs grilles tarifaires uniquement en fonction des taux directeurs. Ils s’appuient également sur d’autres critères :

  • Le coût de refinancement des établissements prêteurs.
  • Les taux obligataires à long terme.
  • Les objectifs commerciaux des prêteurs : production de crédits.
  • La concurrence commerciale entre les établissements bancaires.

L’heure de tirer la sonnette d’alarme n’a pas sonné. Toutefois, les courtiers estiment que de nombreux profils devront revoir leurs exigences patrimoniales si la situation inflationniste tarde à se rétablir.

Quand les gens doivent se loger, ils achètent, mais avec la hausse des taux, leur pouvoir d’achat baisse. Dans ce cas, ils peuvent revoir leurs prétentions à la baisse (moins de m², un quartier moins chic, un peu plus loin, etc.)

Après la décision de relever les taux directeurs, le particulier doit-il acheter ou mettre en veille sa décision de devenir propriétaire d’un bien immobilier ? Nous avons posé la question à Fabienne :

 Je conseille d’acheter quand l’acquéreur est prêt dans sa tête, que sa situation le permet (revenus pérennes, pas de crédits trop lourds), qu’il peut être assuré sans soucis de santé, etc. Et qu’il trouve le bien qui sera le sien. Certes, un taux plus élevé entraîne des mensualités plus élevées, mais nous pouvons contrebalancer avec une assurance compétitive. Et lorsque les taux baissent, après leur achat, le prêt peut être renégocié. Car attendre une hypothétique baisse de taux est synonyme de loyers payés et jetés par les fenêtres, comme le dirait ma maman. Alors, tout ce qui est pris n’est plus à prendre ! Autant rembourser un prêt et amortir pour soi, le plus tôt possible.

Certains profils peuvent-ils être affectés par un resserrement monétaire ?

Si le taux moyen de crédit dépassait les 3,4 % d’ici la fin de cette année, la capacité d’emprunt pour les profils les plus fragiles pourrait, en effet, se réduire. Il s’agit des :

  • Primo-accédants.
  • Foyers ayant un apport limité.
  • Particuliers dont le taux d’endettement est déjà proche du seuil critique.

Ce fameux taux d’endettement est fixé à 35 % pour les prêts immobiliers par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). Les banques doivent faire avec une autre règle : les taux d’usure qui peuvent bloquer l’accès au crédit. Comme c’est déjà le cas en France ! Dès que les taux d’intérêt pour les prêts immobiliers s’envolent plus rapidement que les seuils de l’usure, publiés tous les trimestres par la Banque de France, certains dossiers peuvent être rejetés.

Bon à savoir

Vers une autre hausse des taux directeurs en 2026 ?

À la date du 11 juin 2026, les États-Unis et l’Iran n’ont pas trouvé un accord de paix. Par conséquent, le conflit perdure et la réouverture du détroit d’Ormuz n’est toujours pas d’actualité, n’arrangeant pas le contexte inflationniste. C’est pourquoi, la BCE sera probablement obligée de se prononcer sur une nouvelle hausse de 0,25 % d’ici la fin de l’année 2026, avant une baisse à la mi-2027, selon de nombreux économistes.

Quand se tiendront les prochaines réunions de la BCE en 2026 ?

  • 23 juillet.
  • 10 septembre.
  • 29 octobre.
  • 17 décembre.

Ce qu'il faut retenir

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Anthony Ditte
Article supervisé par Anthony Ditte
Directeur marché Immobilier et Professionnels
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