Taux des prêts immobiliers : le point à l’issue du 1er semestre 2026

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Florence Carpentier journaliste de la presse écrite
Publié le , mis à jour le
par Florence Carpentier - Journaliste de la presse écrite
Article supervisé par Anthony Ditte

Le taux d’intérêt moyen reste stable alors que le premier semestre 2026 se termine. Si l’équilibre du marché du crédit immobilier demeure fragile, il n’est pas à l’arrêt et les banques réussissent même à s’ajuster en dépit des incertitudes, comme nous l’explique Éric Annovazzi, directeur d’agence et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP) à Vincennes  en Île-de-France. En effet, ce professionnel estime que les organismes prêteurs restent actifs et que de nombreux projets aboutissent, même si l’environnement actuel invite à la prudence :

J’ai pu observer que les banques avaient anticipé la remontée des OAT 10 ans et le changement de politique monétaire de la Banque centrale européenne. Par conséquent, elles ont pu ajuster progressivement leurs offres de crédit.

Selon d’autres acteurs du marché du crédit, la hausse des taux directeurs observée le 11 juin dernier ne va pas se répercuter immédiatement sur les grilles tarifaires établies par les établissements bancaires. Des semaines s’écoulent entre la décision de l’institution européenne de modifier ses taux directeurs et son impact sur les barèmes bancaires.

Les taux des crédits immobiliers oscillent entre hausse et stabilité depuis janvier 2026

Selon l’Observatoire Crédit Logement / CSA, les taux d’intérêt moyens, hors assurance et coût des sûretés, sont repartis légèrement à la hausse en mai. Le point depuis janvier 2026.

Mois Taux moyen en % Taux sur 15 ans en % Taux sur 20 ans en % Taux sur 25 ans en %
Janvier 3,20 3,11 3,24 3,31
Février 3,25 3,11 3,25 3,32
Mars 3,23 3,04 3,21 3,27
Avril 3,23 3,06 3,27 3,31
Mai 3,25 3,12 3,34 3,37

Hormis les taux d’intérêt, donnant généralement un aperçu de la tendance du marché, l’immobilier réagit à d’autres facteurs extérieurs. Découvrez-les ci-après :

Un marché immobilier influencé par plusieurs facteurs externes

La santé économique de la France est étroitement liée à l’évolution des taux de crédit immobilier. Dès que la croissance est au rendez-vous, l’emploi, les revenus et la confiance des ménages suivent, favorisant ainsi les projets d’achat. Quand une période de crise ou de récession s’installe, la montée du chômage et la baisse du pouvoir d’achat freinent davantage les opérations immobilières, entraînant un recul des investissements. D’autres éléments viennent également peser sur le marché : l’inflation, le coût de l’énergie, mais également les crises internationales, notamment les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient².

Éric Annovazzi rappelle que les barèmes bancaires varient régulièrement, restant intimement liés à l’environnement économique :

Les taux d’intérêt stagnent, baissent ou augmentent selon le contexte économique, social ou encore médical, comme avec la Covid.

Et cette instabilité autour des taux d’intérêt ne rassure pas les futurs emprunteurs, selon Éric :

Les acquéreurs sont souvent plus fébriles que le marché immobilier lui-même et leur perception peut freiner leur projet. Dans cette situation, notre accompagnement est primordial pour les rassurer et les aider à construire un dossier solide.

En dépit du contexte incertain, les principaux acteurs bancaires s’organisent pour maintenir une dynamique sur le marché tout en essayant de maîtriser les risques. Explications !

Taux d’intérêt : quelle est la stratégie des banques depuis plusieurs mois ?

En léger décalage par rapport à leurs objectifs commerciaux, beaucoup de banques restent particulièrement actives et enclines à financer de nouveaux projets. Pour cela, elles proposent encore des taux attractifs pour maintenir leur volume d’activité, à en croire Éric Annovazzi :

Honnêtement, j’ai pu constater des ajustements dans les conditions proposées par les banques ces derniers mois. Certaines ont légèrement relevé leurs taux d’intérêt, mais d’autres, parmi nos partenaires bancaires, restent compétitives en proposant une campagne promotionnelle à 3,10 % pour une durée de 25 ans.

Les banques auraient-elles intérêt à augmenter les taux d’intérêt à court terme ?

Dans un souci constant de compétitivité et de fidélisation, les prêteurs ont tout intérêt à rester présents sur le marché, même si la production de crédit est en baisse et que le nombre de prêts était en recul en mai dernier, en raison probablement des nombreux jours fériés. Autre point de vigilance qui a son importance : l’été ! Les établissements prêteurs savent que cette saison, comme le printemps, reste traditionnellement propice à la concrétisation des projets immobiliers. Par conséquent, une modification trop importante de leurs grilles tarifaires irait à l’encontre de leurs intérêts.

Les banques ont allongé la durée des prêts immobiliers pour rester dans la course : pourquoi ?

Les établissements prêteurs ont effectivement allongé la durée des prêts immobiliers pour compenser la hausse des taux d’intérêt, ne pas augmenter le coût des mensualités et préserver ainsi la solvabilité des emprunteurs.

  • La durée d’un crédit s’établissait en moyenne à 252 mois au premier trimestre avant de progresser à 254 mois en mai.
  • Elle s’établit à 260 mois pour l’accession dans le neuf et à 266 mois pour l’achat dans l’ancien.

Si ces durées restent parmi les plus élevées jamais enregistrées, elles prouvent aussi que les banques veulent conquérir de nouveaux clients, selon les propos d’Éric :

Les prêteurs restent présents et continuent d’accompagner les clients, avec des solutions adaptées à beaucoup de profils. Il existe de réelles opportunités pour les emprunteurs bien préparés et accompagnés.

Les banques sont tiraillées entre conquête et prudence

Pris entre deux feux, à savoir soutenir la demande de prêts immobiliers tout en préservant leurs marges, les organismes bancaires alternent entre modération et révision des taux depuis plusieurs mois. Ils continuent de séduire de nouveaux clients, sans trop sacrifier leurs marges. C’est pourquoi ils restent vigilants en privilégiant surtout les dossiers les plus solides, comme le souligne Éric, qui peut couvrir vos projets immobiliers dans l’Hexagone :

 J’ai aussi constaté un équilibre entre conquête et prudence. Les organismes bancaires restent attentifs à la qualité des dossiers et vigilants sur les profils dits plus tendus. Les clients ayant des dossiers bien structurés, avec de l’épargne de côté, sont les mieux placés pour bénéficier de conditions avantageuses.

Taux des crédits immobiliers : à quoi faut-il s’attendre pour le second semestre 2026 ?

Les taux d’intérêt devraient donc rester relativement stables à court terme. Une aubaine pour les futurs emprunteurs qui peuvent utiliser cette fenêtre de tir pour emprunter dans de meilleures conditions. Toutefois, l’Observatoire Crédit Logement / CSA pressent une hausse des taux d’intérêt avant la fin du second semestre 2026, susceptible d’atteindre les 3,55 %. Si cette situation se confirmait, elle impacterait les emprunteurs :

  • Hausse des mensualités.
  • Baisse de la capacité d’emprunt.
  • Dossiers refusés.

Est-ce réellement le bon moment pour souscrire un prêt immobilier ? L’avis de notre courtier

Parmi les futurs emprunteurs, beaucoup n’escomptent plus obtenir des taux d’intérêt sous la barre des 3 %. Certains anticipent même une prochaine hausse d’ici à la fin du second semestre 2026. Pour autant, les ménages doivent-ils renoncer à souscrire un crédit immobilier qui s’étire parfois sur 25 ans ? Nous avons recueilli l’analyse d’Éric, courtier en emprunt immobilier chez Ymanci :

Les ménages peuvent actuellement concrétiser leur projet immobilier. Dans l’ensemble, les barèmes restent stables et les prix offrent des marges de négociation. En plus, en cas d’évolution des taux, il est possible de les renégocier. Nos clients doivent garder à l’esprit que des taux trop élevés peuvent toujours être renégociés dès que la situation évolue. […] Et plutôt que d’attendre un éventuel retournement du marché, nos clients peuvent adapter leurs projets en revoyant, par exemple, leurs critères d’achat et leurs conditions d’emprunt.

Est-ce que tous les acheteurs peuvent se lancer en faisant fi de l’incertitude ambiante ? Chaque projet immobilier obéit à ses propres contraintes et appelle une analyse individualisée  de l’aveu de ce professionnel du crédit immobilier :

Si un couple a trouvé un logement lui correspondant, s’il a le budget nécessaire, je lui conseillerai de se lancer. […] Mais il n’y a pas de réponse absolue. Cela va dépendre du projet, de l’urgence de la situation, de la marge de négociation obtenue sur le taux proposé, de l’apport personnel, etc. […] En effet, un dossier solide et un profil rassurant demeurent un atout décisif pour négocier un prêt et obtenir des conditions avantageuses.

Certaines aides peuvent atténuer les inquiétudes liées à l’évolution des taux d’intérêt. Des dispositifs existent pour les futurs emprunteurs, surtout des primo-accédants, dixit Éric :

 Si une éventuelle hausse des taux d’intérêt pour un prêt immobilier se précise prochainement, nos clients doivent savoir que certains dispositifs, comme le prêt à taux zéro (PTZ), sont présents sur le marché. Ce dispositif est un soutien important pour un primo-accédant qui veut se lancer dans l’achat de son premier bien immobilier neuf. Les clients peuvent aussi obtenir des offres intéressantes grâce aux professionnels du secteur qui sont en mesure de négocier des avantages financiers, comme la prise en charge des frais de notaire ou des conditions commerciales préférentielles par les promoteurs immobiliers.

Dans un contexte incertain, l’accompagnement humain apparaît comme un atout déterminant. Les courtiers sont formés pour assumer pleinement ce rôle. Ils guident et sécurisent les projets de leurs clients, comme le confirme Éric.

Notre rôle principal est, avant tout, de bien comprendre le client pour lui apporter un conseil adapté. […] Par exemple, je lui conseillerais de ne pas mettre toute son épargne dans son projet immobilier. Il est important qu’il garde une réserve de sécurité pour faire face aux imprévus et garder une certaine sérénité financière. Le dialogue est primordial pour bâtir un projet solide et durable. […] Le métier repose sur l’échange et la transparence. Il ne s’agit pas de vendre des produits à tout prix, mais d’accompagner notre client en lui prodiguant des conseils personnalisés.

Ce qu'il faut retenir

¹L’inflation est repartie à la hausse, obligeant le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne à relever ses trois taux directeurs de 0,25 point, le 11 juin dernier. Cette décision a mis fin à une longue période de statu quo monétaire.

²La guerre au Moyen-Orient n’est pas encore terminée, mais la signature à distance du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran le 18 juin, prévoyant l’arrêt des opérations militaires, la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée des sanctions américaines contre l’Iran, est une note optimiste.

Anthony Ditte
Article supervisé par Anthony Ditte
Directeur marché Immobilier et Professionnels
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Article écrit par Florence Carpentier LinkedIn

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