Rachat de crédit : le marché ne progresse que de 1 % fin septembre 2026

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Christophe Bernard responsable éditorial
Publié le , mis à jour le
par Christophe Bernard - Responsable éditorial
Article supervisé par Pascal Dontail

Alors que les prévisions laissaient entrevoir une croissance de 15 % en 2026, le marché du rachat de crédits affiche finalement une progression de seulement 1 % à la fin du troisième trimestre, avec un volume global de production de 2,34 milliards d’euros. Une évolution qui témoigne d’un marché résilient, mais confronté à des conditions de financement de plus en plus exigeantes.

Des évolutions contrastées selon les types de financement

Derrière cette légère croissance globale se cachent d’importantes disparités entre les différents segments du marché du rachat de crédits.

Le rachat de crédits sans garantie hypothécaire enregistre un recul de 3 %, dans un contexte marqué par le renforcement des critères d’octroi et le durcissement de la gestion des risques chez les établissements financiers.

À l’inverse, le regroupement de crédits avec garantie hypothécaire relevant du régime du crédit à la consommation progresse de 27 %. Il s’impose ainsi comme le principal moteur de croissance du marché en 2026.

Enfin, le regroupement de crédits avec garantie hypothécaire relevant du régime du crédit immobilier recule de 9 %. Cette baisse s’explique notamment par le retrait de certains établissements financiers de ce segment, en raison de l’augmentation des coûts de refinancement.

Un marché qui doit s’adapter à des conditions de financement plus strictes

Ces résultats ne traduisent pas nécessairement une diminution de la demande des emprunteurs, mais plutôt une difficulté croissante à financer leurs projets.

Les établissements prêteurs renforcent leurs exigences, les conditions d’accès au crédit se durcissent et certains types de financement deviennent particulièrement sensibles à l’évolution des taux d’intérêt et des coûts de refinancement.

Dans ce contexte, les volumes de production se redistribuent progressivement entre les différentes catégories de rachat de crédits.

Le taux de l’usure, un levier potentiel pour soutenir le marché

La dynamique du dernier trimestre 2026 reste incertaine. Toutefois, certaines évolutions réglementaires pourraient contribuer à améliorer les conditions de financement.

Parmi les pistes évoquées figure une éventuelle mensualisation du calcul du taux de l’usure par la Banque de France. Le taux de l’usure est aujourd’hui fixé chaque trimestre par la Banque de France (article L314-6 du Code de la consommation). Un calcul mensuel avait déjà été appliqué à titre exceptionnel entre février et décembre 2023 (arrêté du 26 janvier 2023), pour permettre aux taux plafonds de suivre la remontée rapide des taux. qui porte la proposition en 2026 ?

Une révision mensuelle, plutôt que trimestrielle, permettrait à ce taux plafond de s’adapter plus rapidement à l’évolution des conditions de marché. Elle pourrait ainsi limiter les décalages entre les coûts de refinancement supportés par les établissements prêteurs et les taux maximaux autorisés pour les crédits accordés aux particuliers.

2026 : une année de transformation plutôt que de croissance

Finalement, l’année 2026 apparaît moins comme celle de la croissance initialement espérée que comme une nouvelle période d’adaptation pour les professionnels du rachat de crédits.

Entre durcissement des critères d’octroi, hausse des coûts de refinancement et évolution des produits financés, le secteur doit ajuster ses pratiques pour continuer à répondre aux besoins des emprunteurs.

Ce que cela change pour vous, emprunteur

Un marché qui ralentit ne veut pas dire que le rachat de crédits n’est plus possible. Cela signifie surtout que les établissements prêteurs sont plus sélectifs : les dossiers bien préparés continuent d’être financés, les autres sont plus souvent refusés ou ajournés. Voici les conséquences concrètes si vous envisagez de regrouper vos crédits.

Un dossier plus solide est indispensable. Stabilité des revenus, absence d’incidents de paiement, gestion saine des comptes sur les derniers mois, justificatifs complets : avec des critères d’octroi renforcés, chaque élément compte. Un dossier incomplet ou fragile a aujourd’hui moins de chances d’aboutir qu’il y a un an.

Sans garantie, l’accord est plus difficile à obtenir. Le recul de 3 % du rachat de crédits sans garantie hypothécaire reflète des banques plus prudentes sur ce segment. Si vous êtes locataire ou si votre endettement est élevé, les conditions d’acceptation peuvent être plus strictes qu’auparavant.

Les propriétaires disposent d’un levier. La forte progression du regroupement de crédits avec garantie hypothécaire (+27 %) montre que les établissements privilégient les dossiers adossés à un bien immobilier. Si vous êtes propriétaire, mettre votre bien en garantie peut faciliter l’accord, permettre un montant plus élevé ou une durée plus longue. C’est un engagement important à mesurer avec un conseiller.

Le taux de l’usure reste un facteur clé. Tant que le taux de l’usure est révisé chaque trimestre, il peut être en décalage avec le coût réel de refinancement des banques, ce qui bloque certains dossiers dont le coût global (taux, assurance, frais) dépasse le plafond. Une éventuelle révision mensuelle pourrait débloquer une partie de ces situations : si votre projet a été refusé pour cette raison, il peut être utile de le représenter après une mise à jour du taux.

Se faire accompagner prend tout son sens. Dans un marché où chaque établissement applique ses propres critères, un intermédiaire en opérations de banque (IOBSP) sait vers quel partenaire orienter votre dossier selon votre profil, votre statut (propriétaire ou locataire) et la nature de vos crédits. Il vous aide aussi à vérifier que l’opération est réellement avantageuse : un rachat de crédits allonge généralement la durée de remboursement et peut augmenter le coût total du crédit.

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Sources

  • Banque de France – Taux d’usure : https://www.banque-france.fr/fr/statistiques/taux-et-cours/taux-dusure
  • Légifrance – Article L314-6 du Code de la consommation (définition et fixation du taux de l’usure).
  • Légifrance – Arrêté du 26 janvier 2023 relatif à l’application de l’article L314-6 du Code de la consommation (mensualisation transitoire du taux de l’usure, février–décembre 2023).
Pascal Dontail
Article supervisé par Pascal Dontail
Consultant RH et expert en rachat de crédits > LinkedIn
Article écrit par Christophe Bernard
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