Assurance emprunteur et obésité : ce qu’il faut savoir en 2026
La Journée mondiale contre l’obésité se tient le mercredi 4 mars 2026. À cette occasion, Ymanci rappelle que le surpoids et l’obésité sont souvent à l’origine de pathologies graves. C’est pourquoi, cette date sert non seulement à mieux sensibiliser aux réalités de cette maladie, mais aussi à faire une mise au point sur les avancées réalisées en matière d’assurance de prêt immobilier dans l’Hexagone.
L’accès à la propriété n’est pas interdit pour près d’un tiers des Français en situation de surpoids. Mais elle complique, malgré tout, l’accès à une assurance emprunteur, indispensable pour obtenir un emprunt immobilier. Il existe toutefois des solutions pour permettre aux ménages français, et notamment aux ouvriers, particulièrement affectés par cette pathologie, de devenir propriétaires d’une maison ou d’un appartement en 2026.
L’obésité, un risque aggravé de santé pour des assureurs et des prêteurs
Il est tout à fait possible d’accéder à une assurance de prêt immobilier et, par extension, à un prêt immobilier pour acquérir une maison ou un appartement en France. Cependant, cette maladie est considérée comme un risque aggravé de santé aux yeux des établissements bancaires, mais aussi de certaines compagnies d’assurance. Les étapes vers la propriété seront, selon toute vraisemblance, plus contraignantes, voire potentiellement plus coûteuses que pour un profil jugé moins risqué.
Pourquoi l’obésité figure-t-elle parmi les risques aggravés de santé ?
L’obésité, due entre autres à la sédentarité, à l’alimentation, à l’absence d’activité physique, aux gènes, etc., augmente les risques de décès ou les complications liées à la santé. L’obésité est, en effet, associée à un risque accru :
- De maladies respiratoires.
- De troubles cardio-vasculaires.
- De diabète de type 2.
- D’affections hépatiques ou rénales.
- De troubles articulaires.
- De cancers.
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Pourquoi l’assurance emprunteur et le crédit immobilier sont-ils indissociables ?
D’un point de vue juridique, l’assurance emprunteur n’est pas obligatoire. Mais elle est dans la majorité des cas réclamée par les établissements bancaires en France, même si la personne est bien portante. Cette couverture assurantielle sert de protection pour l’emprunteur, mais également pour l’organisme bancaire, en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de travail.
Si l’emprunteur se retrouve dans l’incapacité d’honorer le remboursement des mensualités de son crédit immobilier, l’assureur prend alors le relais, remboursant la somme engagée par le prêteur.
Les garanties exigées dès qu’un acquéreur veut acheter une résidence principale ou secondaire :
- Décès.
- Perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA).
- Invalidité permanente totale (IPT).
- Incapacité temporaire de travail (ITT).
Les garanties facultatives, à ce jour, mais fortement recommandées par l’établissement bancaire octroyant le prêt immobilier :
- Invalidité permanente partielle (IPP).
- Maladies non objectivables (MNO).
Concernant la garantie perte d’emploi, elle est facultative.
Plus ces garanties sont étendues, plus l’emprunteur peut compter sur une protection complète. Cependant, la somme à verser reste plus conséquence.
Les risques aggravés de santé, comme l’obésité : quelles sont les conséquences directes sur l’assurance emprunteur ?
Les niveaux de garantie et les grilles de tarification diffèrent d’un assureur à l’autre. Certains peuvent se montrer souples. D’autres plus rigides. Quand une personne en situation d’obésité veut contracter une assurance de prêt immobilier, l’assureur réclamera un questionnaire médical, à moins que ces deux conditions de la loi Lemoine soient réunies :
- Sa part assurée soit inférieure à 200 000 € par assuré ou à 400 000 € pour un emprunt réalisé à deux et en fonction de la quotité.
- La fin du remboursement de l’emprunt immobilier arrive avant ses 60 ans.
Le médecin-conseil de l’assureur peut aussi demander des examens médicaux complémentaires et une évaluation plus poussée de l’indice de masse corporelle (IMC). Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une personne est obèse lorsque son IMC est supérieur à 30.
À partir des informations obtenues, à savoir les réponses concernant les antécédents médicaux, les traitements potentiels ou encore les examens requis (un test sanguin, un électrocardiogramme, un test d’effort, des radiographies, etc.), l’assureur rendra son verdict. En effet, ces éléments conditionnent :
- Le prix de l’assurance qui pourrait être élevé en cas de surprimes appliquées sur certaines couvertures.
- Les exclusions de garantie.
- Le refus.
Quels sont les recours pour les assurés en situation d’obésité ?
En 2026, plusieurs solutions existent pour permettre aux emprunteurs en situation d’obésité d’accéder à une assurance adaptée, tout en bénéficiant d’une couverture protectrice.
La convention AERAS
Ce dispositif, signifiant s’Assurer et Emprunteur avec un Risque Aggravé de Santé, a été instauré pour permettre aux profils, entrant dans la classification des risques aggravés de santé, d’accéder à l’assurance de prêt immobilier et, par conséquent, à un prêt. L’AERAS peut permettre un réexamen du dossier, des surprimes plafonnées ou un accès plus large à l’assurance emprunteur.
La délégation d’assurance
Autrefois, l’assuré devait souscrire l’assurance de sa banque. Ce contrat groupe, généralement plus élevé pour compenser les différents risques des emprunteurs, était standardisé, peu personnalisé.
Depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine, en juin 2022, la résiliation et le changement de garantie sont possibles à tout moment. L’assuré ne sera pas pénalisé financièrement par son ancienne compagnie d’assurance.
En revanche, il doit respecter l’équivalence des garanties que ce soit pour un prêt immobilier, mais aussi pour un crédit à la consommation. Le contrat qu’il souscrit doit obligatoirement présenter au minimum les garanties exigées par l’établissement de crédit. Dans le cas contraire, la banque est en droit de refuser la demande de délégation d’assurance.
Bon à savoir Dans le cadre d’une délégation d’assurance, la banque ou l’établissement prêteur doit remettre au souscripteur une fiche standardisée d’information (FSI) qui lui permettra de comparer les garanties des différentes offres d’assurance emprunteur immobilier.
La mise en concurrence des assureurs
Les compagnies d’assurance possèdent leur propre définition du « risque », entraînant des conditions et des critères qui changent d’un assureur à l’autre. Pour obtenir les garanties les plus avantageuses, il est donc essentiel de comparer les offres et de les mettre en concurrence.
La loi Lemoine
Un des points de cette loi, adoptée en 2022, permet à l’emprunteur de souscrire une assurance emprunteur sans remplir le questionnaire médical. Des conditions sont néanmoins requises. La première est que la part assurée du prêt immobilier ne dépasse pas 200 000 € par personne. La seconde est que le remboursement de la dernière mensualité arrive avant le 60e anniversaire du souscripteur.
Les alternatives en cas de refus des assureurs
L’organisme prêteur peut assurer ses arrières en réclamant des garanties qui, comme l’assurance de prêt, permettraient de rembourser le capital prêté en cas de défaillance de l’emprunteur. Ces garanties sont :
- L’hypothèque sur un bien immobilier déjà existant.
- La caution d’un tiers.
- Le nantissement d’une assurance sur la vie.
Le recours à un courtier spécialisé
Pour ce type de profil, il est préférable d’être secondé par un courtier en assurance emprunteur. Chez Ymanci, ces professionnels ont plusieurs cordes à leur arc. Mais ils peuvent, entre autres, identifier les assureurs ouverts à votre profil, négocier les conditions adaptées, accélérer les différentes démarches pour faire gagner un temps précieux à leurs clients.
L’obésité est en hausse : les chiffres sont alarmants
Après avoir abordé les difficultés rencontrées pour obtenir une assurance emprunteur lorsqu’une personne est en situation de surcharge pondérale ou d’obésité, mais aussi les solutions qui existent sur le marché assurantiel, il nous paraît important maintenant de zoomer sur cette maladie chronique, qui représente un enjeu majeur de santé publique.
Près de dix millions de Français sont en situation d’obésité et de surpoids
Une étude épidémiologique nationale sur le poids et l’obésité, menée par la Ligue nationale contre l’obésité en 2024, montre que ces pathologies sont encore en progression en France métropolitaine et en outre-mer depuis 2020. Près de dix millions de Français, âgés de 18 ans et plus, se retrouvent dans une situation d’obésité. Soit 18,1 % des personnes vivant dans l’Hexagone ou en outre-mer. La proportion atteint 16,9 % pour les seniors de plus de 65 ans. Avant le stade de l’obésité, il y a le surpoids, lui aussi, préoccupant ! 31 % des Français sont concernés.
L’obésité plus présente chez les ouvriers
24,7 % des personnes sondées rencontrent des difficultés économiques dans leur foyer. Cette maladie touche plus particulièrement les ouvriers (21 %) que les cadres (12,7 %).
Ce qu'il faut retenir
- L’obésité et la surcharge pondérale sont considérées comme des risques aggravés de santé par certains assureurs et organismes prêteurs.
- Ces pathologies peuvent compliquer l’obtention d’une assurance emprunteur, indispensable pour contracter un crédit immobilier.
- Des solutions existent : la loi Lemoine, la convention AERAS, les garanties, etc. peuvent faciliter les démarches entreprises par l’emprunteur.