Gaz, carburant, taxe foncière, Airbnb… les changements qui impactent le budget des Français
Sommaire
Chaque mois, de nouvelles mesures, revalorisations ou évolutions tarifaires sont susceptibles de modifier le budget des ménages. Pour y voir plus clair, la rédaction d’Ymanci condense les principales informations à retenir et celles qui peuvent concrètement faire bouger les lignes budgétaires des Français.
Prix du gaz, aides au logement, dépenses de santé, taxe foncière ou encore revenus issus de la location : voici les changements à connaître en octobre 2026 et leurs effets potentiels sur les finances des ménages.
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Gaz : le prix repère augmente de 6,3 % en octobre
Après une hausse de 5,6 % en septembre, le prix repère de vente du gaz (PRVG) augmentera de nouveau en octobre 2026, de 6,3 % TTC en moyenne. Depuis la disparition des tarifs réglementés du gaz en juillet 2023, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie chaque mois cet indicateur afin de donner aux consommateurs un point de comparaison pour les offres disponibles sur le marché. Il ne s’agit donc pas d’un tarif auquel les fournisseurs sont tenus de se conformer, mais certaines offres sont directement indexées sur ce prix repère.
Une hausse de 5,28 euros en moyenne sur la facture
Au 1er octobre 2026, le prix repère atteindra 182,88 euros TTC par MWh, contre 172,05 euros en septembre. Cette évolution concerne uniquement la composante « approvisionnement » du prix du gaz, les autres composantes liées notamment à l’acheminement et aux taxes n’étant pas modifiées à cette date. La CRE estime que cette hausse se traduira par 5,28 euros TTC supplémentaires en moyenne sur la facture du mois d’octobre pour les ménages dont le contrat est indexé sur le PRVG.
Tous les foyers ne seront toutefois pas concernés de la même manière. Les ménages ayant souscrit une offre à prix fixe ne subiront pas cette hausse, qui concerne les contrats indexés sur le prix repère. Selon la CRE, les offres à prix fixe représentaient environ 40 % des contrats résidentiels de gaz à la fin de 2025.
Une facture annuelle 2026 potentiellement plus élevée
Cette nouvelle progression intervient après plusieurs mouvements du prix repère au cours de l’année. La CRE estime que, si les conditions de marché restent relativement stables jusqu’à la fin de 2026, la facture annuelle moyenne de gaz pourrait être environ 10 % plus élevée qu’en 2025, soit près de 120 euros supplémentaires sur l’année. Cette comparaison doit toutefois être interprétée avec prudence : les prix avaient été relativement bas en début d’année 2026.
Carburant : des aides pour les « grands rouleurs », les infirmières, les pêcheurs…
Les Français, affectés par la flambée des prix des carburants en raison des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, ont appris, le mardi 22 septembre, le renouvellement et/ou l’élargissement de l’aide pour les grands rouleurs, les pêcheurs, les agriculteurs, le BTP ou encore les professionnels s’occupant des personnes âgées et/ou dépendantes à leur domicile. Pour venir en aide aux Français, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, prévoit une enveloppe de 450 millions d’euros.
L’aide pour les « grands rouleurs » est élargie à plus de cinq millions de Français
Cette aide financière d’un montant de 100 € sera élargie à 5,5 millions de personnes, contre 3 millions jusqu’à présent, pour les mois d’octobre à décembre 2026. Les Français touchant jusqu’à 2 050 € pour une personne seule, 4 070 € net pour un couple et 6 100 € pour un couple avec deux enfants pourront en jouir, à condition de parcourir au moins 15 kilomètres par trajet entre leur domicile et leur travail ou plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a précisé que cette aide représenterait l’équivalent de 40 centimes par litre de carburant, contre 20 centimes précédemment. Ce « coup de pouce » financier sera versé automatiquement aux Français en ayant bénéficié entre avril et septembre. En revanche, les « nouveaux bénéficiaires » devront le réclamer.
Les aides à domicile et les infirmiers libéraux pourront également jouir de l’élargissement de l’aide destinée aux « grands rouleurs » à condition de parcourir au moins 30 kilomètres par jour. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé la création d’un « bonus territoire ruralité » de 80 € destiné aux infirmiers libéraux qui parcourent plus de 100 kilomètres par jour. Elle a également annoncé qu’ils pourront, s’ils le souhaitent, repousser le paiement de leurs cotisations Urssaf sans être pénalisés.
La prime « carburant » est rehaussée à 1 000 €
Le plafond de défiscalisation de cette prime, accordé par les entreprises pour couvrir les trajets domicile-travail de leurs salariés, a été relevé de 600 à 1 000 €, selon le ministre des Petites et Moyennes Entreprises (PME), Serge Papin.
Les aides pour certains secteurs d’activité sont également prolongées
Les dispositifs dédiés aux secteurs de la pêche, de l’agriculture et du BTP, particulièrement touchés par la hausse des prix des carburants, ont également été prolongés jusqu’au 31 décembre prochain. Le montant de l’aide sera relevé de 25 à 35 centimes par litre. Le gouvernement a également annoncé une accélération du versement des aides pour les pêcheurs, ainsi que la mise en place d’un prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 € par entreprise de pêche dès le 1er octobre.
Concernant les soutiens financiers sur le gazole non routier (GNR), ils seront reconduits jusqu’à la fin de l’année 2026 pour :
- Les agriculteurs : l’aide s’élèvera à 15 centimes d’euro par litre.
- Les entreprises du BTP : l’aide sera à hauteur de 20 centimes d’euro par litre de GNR.
APL : une revalorisation de 1,15 % au 1er octobre
Les aides sociales liées au logement vont bénéficier d’une revalorisation de 1,15 % à compter du 1er octobre 2026. Cette hausse concerne les aides personnalisées au logement (APL), mais également l’allocation de logement familiale (ALF) et l’allocation de logement sociale (ALS), versées par la CAF et la MSA. Elle correspond à l’évolution sur un an de l’indice de référence des loyers (IRL) du deuxième trimestre 2026, fixé à 146,22 points.
Une revalorisation finalement maintenue
Cette hausse n’était toutefois pas acquise en début d’année. Dans le cadre de l’« année blanche » budgétaire envisagée pour 2026, le gouvernement avait initialement prévu de ne pas revaloriser plusieurs prestations sociales, dont les aides au logement. La revalorisation de 1,15 % finalement confirmée permet donc aux bénéficiaires de profiter d’une progression de leur aide, conformément au mécanisme habituel d’indexation sur l’IRL.
Le taux retenu est par ailleurs légèrement supérieur à celui appliqué en 2025. Au 1er octobre de l’année dernière, les aides au logement avaient été revalorisées de 1,04 %. La progression atteint donc 1,15 % cette année, soit 0,11 point de plus.
Une hausse visible à partir du versement de novembre
Cette revalorisation est appliquée automatiquement et ne sera toutefois pas immédiatement visible sur les comptes bancaires des bénéficiaires. Les prestations de la CAF (Caisse d’Allocations Familiales) étant versées à terme échu, le virement du 5 octobre 2026 correspond à l’aide due au titre du mois de septembre, et reste donc calculé sur la base de l’ancien montant.
La hausse de 1,15 % sera ainsi intégrée au versement du 5 novembre 2026, correspondant à l’aide due pour le mois d’octobre. Pour les ménages concernés, cette revalorisation se traduira donc par une augmentation du montant de l’aide perçue chaque mois, variable selon leur situation et le montant de leur prestation.
Franchises médicales : un plafond annuel relevé au 1er octobre
À partir du 1er octobre 2026, les plafonds annuels des participations forfaitaires et des franchises médicales vont augmenter. Le décret publié au Journal officiel le 12 septembre porte chacun de ces deux plafonds de 50 à 70 euros par assuré non exonéré.
Concrètement, cela signifie que le plafond du reste à charge que peuvent payer les assurés au titre des franchises médicales et des participations forfaitaires passe de 100 à 140 euros.
Cette évolution concerne les dépenses de santé qui restent à la charge de l’assuré, notamment les consultations médicales pour la participation forfaitaire, ainsi que les médicaments, actes paramédicaux et transports sanitaires pour les franchises médicales.
Un changement après vingt ans sans évolution
Ces plafonds n’avaient pas été revalorisés depuis leur création. Le gouvernement présente cette hausse comme un rattrapage lié à l’inflation cumulée depuis 2005. Le montant de chaque franchise ou participation, lui, ne change pas : la mesure relève uniquement le montant maximal pouvant être payé sur une année.
Les plafonds annuels sur les consultations et les médicaments n’avaient pas évolué depuis leur création il y a vingt ans. Ils passent de 50 à 70 euros, pour prendre en compte l’inflation depuis cette date, a expliqué la ministre de la Santé Stéphanie Rist à l’AFP.
Le dispositif avait par ailleurs fait l’objet de plusieurs hypothèses avant son adoption. Le gouvernement a finalement retenu une hausse des plafonds à 70 euros, plutôt qu’une augmentation plus importante évoquée au cours des mois précédents. Le nouveau mécanisme prévoit également une revalorisation annuelle à partir de 2028, indexée sur l’évolution moyenne des prix à la consommation hors tabac.
Les assurés exonérés ne sont pas concernés par cette hausse
Tous les patients ne sont toutefois pas concernés par cette évolution. Le décret maintient les exonérations applicables notamment aux moins de 18 ans, aux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et aux femmes enceintes à partir du premier jour du sixième mois de grossesse jusqu’au douzième jour après l’accouchement. Les victimes d’un acte de terrorisme pour les soins en lien avec cet événement bénéficient également d’une exonération. Au total, le gouvernement estime à près de 18 millions le nombre de personnes exonerées de ces participations et franchises.
Pour les autres assurés, cette hausse de plafonds ne signifie pas automatiquement 40 euros de dépenses supplémentaires. Elle augmente simplement le montant maximal susceptible de rester à leur charge sur l’année, en fonction de leur consommation de soins. Les montants unitaires restent, eux, inchangés.
Protections périodiques réutilisables : une prise en charge à partir du 1er octobre
À compter du 1er octobre 2026, certaines protections périodiques réutilisables pourront être prises en charge par l’Assurance Maladie. Le dispositif concerne les personnes assurées de moins de 26 ans, sans condition de ressources, ainsi que les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), sans condition d’âge. Il s’inscrit dans une mesure prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale et dont les modalités ont été précisées par un décret publié en avril, puis par un arrêté du 6 août 2026.
Deux protections par an, uniquement en pharmacie
La prise en charge est toutefois encadrée. Deux produits au maximum peuvent être remboursés par an, la période de référence débutant à la date du premier achat et se renouvelant ensuite de date à date. Pour le moment, seuls deux types de protections sont concernés : les coupes menstruelles et les culottes menstruelles répondant aux critères fixés par la réglementation.
Autre condition à connaître : jusqu’à une date qui devra être fixée par les pouvoirs publics, et au plus tard jusqu’à fin 2028, les produits concernés doivent être délivrés dans une pharmacie d’officine pour ouvrir droit à la prise en charge. Un achat effectué dans un autre circuit de distribution n’entre donc pas dans le dispositif actuel.
60 % remboursés, 100 % avec la C2S
Pour les assurées de moins de 26 ans, l’Assurance Maladie prendra en charge entre 55 et 65 % du montant. Le complément pourra, selon le contrat, être couvert par la complémentaire santé. Les bénéficiaires de la C2S (Complémentaire Santé Solidaire) profiteront, eux, d’une prise en charge à 100 %.
Cette nouvelle prise en charge peut ainsi réduire le coût d’achat de ces protections pour les publics concernés, avec un dispositif qui reste toutefois limité à deux produits par an et aux références éligibles délivrées en pharmacie.
Impôts locaux : la taxe foncière à payer bientôt
Comme chaque année à cette période, la taxe foncière fait son retour.
La taxe foncière fait partie des principaux impôts locaux auxquels sont soumis les propriétaires de biens immobiliers. Elle est due au titre des propriétés bâties et non bâties, et son règlement intervient traditionnellement à l’automne. En 2026, les avis d’imposition sont progressivement mis à disposition des contribuables (de fin août à début octobre), avec des échéances de paiement qui varient selon le mode de règlement choisi.
Les dates limites de paiement à retenir
Le paiement des impôts, de quelle que nature qu’ils soient, repose sur 2 modes opératoires distincts. En fonction du mode de paiement choisi, la date d’échéance diffère.
Pour les contribuables qui règlent leur taxe foncière par chèque, virement, TIP ou en espèces, dans la limite du plafond autorisé, la date limite de paiement est fixée au 15 octobre 2026 à minuit.
Ceux qui privilégient le paiement dématérialisé disposent de quelques jours supplémentaires : le règlement en ligne depuis impots.gouv.fr, l’application Impots.gouv ou une tablette peut être effectué jusqu’au 20 octobre 2026 à minuit.
Les contribuables mensualisés suivent un autre calendrier
Le fonctionnement est différent pour les propriétaires ayant opté pour la mensualisation. La taxe foncière est alors répartie sur plusieurs prélèvements au cours de l’année, généralement autour du 15 de chaque mois. Le dernier prélèvement intervient en octobre, selon le calendrier établi par l’administration fiscale.
Ces différentes échéances font de la taxe foncière une dépense à anticiper dans le budget du mois d’octobre, en particulier pour les propriétaires qui règlent leur impôt en une seule fois.
Airbnb : une commission unique de 15,5 % pour les hôtes
À partir du 13 octobre 2026, Airbnb va modifier sa structure de frais pour les hôtes situés dans l’Espace économique européen, dont la France. La plateforme abandonne progressivement son système de « frais partagés », dans lequel une commission était prélevée à la fois sur l’hôte et sur le voyageur, au profit de frais de service unique de 15,5 %, entièrement supporté par l’hôte. Airbnb présente cette évolution comme une manière de simplifier l’affichage des prix : le montant présenté au voyageur correspondra désormais au prix fixé par l’hôte, sans frais de service Airbnb ajoutés séparément.
Un impact direct sur les revenus des propriétaires
Pour les propriétaires qui conservent leurs tarifs inchangés, cette nouvelle commission réduira mécaniquement le montant versé après déduction des frais. Airbnb donne l’exemple d’un logement affiché à 100 euros : avec l’ancien système, l’hôte percevait 97 euros après les 3 % de frais, tandis que le voyageur payait davantage en raison de sa propre commission. Avec le nouveau modèle, le voyageur paiera 100 euros, mais l’hôte ne percevra plus que 84,50 euros après application des 15,5 % de frais.
Cette baisse n’est toutefois pas nécessairement définitive. Les hôtes peuvent modifier leurs tarifs afin de conserver un niveau de revenu comparable. Airbnb indique ainsi qu’en portant, dans son exemple, le prix affiché de 100 à 115 euros, l’hôte retrouve un versement proche de 97 euros, tandis que le voyageur paie directement 115 euros. La plateforme met à disposition un outil permettant d’ajuster les prix en conséquence.
Quel effet sur les recettes déclarées ?
Ce changement de commission ne modifie pas directement les règles fiscales applicables aux locations meublées. En revanche, le choix effectué par l’hôte pour compenser la hausse des frais peut avoir une incidence sur le montant de ses recettes. S’il augmente ses tarifs afin de maintenir son revenu net, le montant encaissé avant déduction de la commission Airbnb peut progresser et, selon le régime fiscal applicable, cette évolution doit être prise en compte dans ses déclarations.
Autrement dit, les propriétaires doivent arbitrer entre plusieurs paramètres : maintenir leurs prix et accepter une diminution du revenu net par réservation, ou relever leurs tarifs pour compenser tout ou partie de la nouvelle commission, avec un possible effet sur le prix payé par le voyageur et sur le niveau de recettes déclarées.
Une échéance à anticiper avant le 13 octobre
Le changement ne concerne pas nécessairement tous les hôtes au même moment : certains, notamment ceux qui utilisent déjà certains logiciels de gestion, ont pu basculer auparavant vers le système de frais unique. Pour les hôtes encore soumis au modèle de frais partagés dans l’Espace économique européen, le 13 octobre constitue l’échéance à retenir. Le nouveau système s’appliquera aux réservations effectuées après le passage au modèle de frais unique ; les réservations déjà effectuées restent soumises aux conditions en vigueur au moment de leur réservation.
Ce qu'il faut retenir
- Le prix du gaz augmente de 6,3 % TTC au 1er octobre, après une hausse de 5,6 % en septembre.
- L’aide de 100 € pour les « grands rouleurs » élargie à plus de cinq millions de Français à partir d’octobre 2026.
- Les aides dédiées aux secteurs de la pêche, de l’agriculture et du BTP également prolongés jusqu’au 31 décembre prochain.
- La prime carburant a été relevée de 600 à 1 000 €.
- Les APL, ALF et ALS sont finalement revalorisées de 1,15 %.
- Les plafonds annuels passent de 50 à 70 € pour les participations forfaitaires et les franchises médicales, augmentant le reste à charge des patients à 140 €.
- Certaines protections périodiques réutilisables sont enfin prises en charge par l’Assurance Maladie.
- Le paiement de la taxe foncière intervient en octobre comme chaque année.
- Airbnb passe à un système de frais unique de 15,5 %, entièrement supporté par l’hôte.
Chaque mois, la rédaction d’Ymanci vous informe sur les principaux mouvements qui pourraient affecter votre budget :