JO 2024 : les étudiants délogés de leur logement au Crous

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Publié le , mis à jour le par Florence Carpentier - Journaliste de la presse écrite

3 000 ! À quoi correspond ce chiffre ? Il s’agit approximativement du nombre d’étudiants résidant dans douze résidences du Crous basées à Paris, Créteil et Versailles, qui devront avoir plié bagage au plus tard le dimanche 30 juin 2024, date à laquelle les baux prendront fin pour l’année 2023-2024. Ces milliers de logements réquisitionnés doivent héberger les pompiers, les soignants, les forces de l’ordre, la sécurité civile, les bénévoles autour du 20 juillet dans ces Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires, plus communément appelés Crous.

Ce personnel sera mobilisé durant les Jeux olympiques de Paris du 26 juillet au 11 août puis les Paralympiques du 28 août au 8 septembre 2024. Ce déploiement est indispensable pour le confort et la sécurité des athlètes et des touristes présents dans l’Hexagone cet été. Mais cette décision a, malgré tout, suscité une nouvelle controverse autour de l’organisation de cette compétition sportive en France.

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Une décision qui a fait grincer des dents alors que les étudiants peinent à se loger 

Cette décision a été notamment critiquée par les syndicats étudiants redoutant les frais supplémentaires liés à un changement de résidence et s’inquiétant de la difficulté à trouver un logement à un prix abordable dans une ville déjà réputée pour son marché immobilier tendu. Le son de cloche est différent pour le gouvernement. Après l’annonce de déloger des centaines d’étudiants, la ministre de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, s’est voulue rassurante quant à leur relogement, en avril dernier :

Cette solution implique de reloger les étudiants dans d’autres résidences à proximité ou près du centre d’intérêt qu’ils souhaitent.

Elle s’est empressée d’ajouter que :

Aucun étudiant hébergé dans un Crous ne sera expulsé ou mis à la rue l’été prochain pour les Jeux.

Avant de justifier la décision du gouvernement :

Tous les ans, en Île-de-France, 30 % des logements Crous, soit 6 000 appartements se retrouvent inoccupés durant l’été, car les étudiants arrêtent leur bail pour des raisons diverses. Pour moi, cette mise à disposition relève du bon sens que les logements vides pendant l’été participent à répondre aux besoins de logements rencontrés par les agents publics pendant les Jeux olympiques et paralympiques. Sur ces quelque 6 000 logements vides, l’idée sera d’en utiliser 3 200.

La ministre, Sylvie Retailleau, avait passé un message d’espoir aux étudiants, en octobre 2023, en indiquant que :

1 667 logements du village olympique et du village des médias, dont 1 300 en Seine-Saint-Denis, seraient reconvertis en logements étudiants, à compter du premier semestre de l’année universitaire 2024-2025.

Rappelons que les logements, où résideront les athlètes cet été, ne seront pas détruits. Dès que la flamme olympique ne brûlera plus dans le ciel parisien, ils subiront des travaux de reconversion. Certains seront destinés à la vente. D’autres seront transformés en logements sociaux, en bureaux, en location…

Les solutions proposées et les aides versées aux étudiants délogés 

Pour faire passer la pilule après ce délogement, les étudiants ont obtenu des compensations. 

  • Ils s’acquitteront du loyer le plus bas des deux résidences au moment de la délocalisation. 
  • Ils ont bénéficié d’un accompagnement financier forfaitaire de 100 € pour faciliter leur déménagement et leur installation dans un nouveau logement. 
  • Ils se sont vu attribuer deux places pour des épreuves olympiques.  

Les étudiants pourront-ils réintégrer le Crous après les Jeux ?

Que vont devenir ces « délogés » à la rentrée prochaine ? Selon le conseil d’administration du Crous Paris, les étudiants, vivant déjà dans un des logements, prêtés au personnel de l’État cet été, auront la possibilité de le réintégrer dès la rentrée 2024. Ils ont jusqu’à la mi-août 2024 pour signifier s’ils décident de le réintégrer ou s’ils préfèrent rester dans leur nouveau lieu de résidence. Cette information doit être envoyée au Crous.

Précisons que certains sont encore dans l’expectative. Ils attendent d’être fixés sur leur avenir immédiat. Selon le collectif étudiant la Rescrous, beaucoup sont encore en recherche de master, d’école ou de stage. 

Marché locatif en crise : une épreuve pour les étudiants et leurs parents  

Chaque année, dès que les résultats des affectations sur Parcoursup¹ sont publiés, la quête d’un logement locatif commence pour les parents, n’ayant pas la chance d’être propriétaires d’un bien qu’ils pourraient mettre à la disposition de leurs chérubins. Et cette recherche peut s’avérer compliquée. Tous les étudiants ne peuvent pas accéder à un logement dans un Crous. Certains doivent se rabattre vers des solutions alternatives comme des Airbnb, des appart’hôtels, des colocations, du coliving, obligeant certaines familles à revoir leurs prétentions à la baisse :

  • Louer une superficie plus petite. 
  • Trouver un logement plus éloigné du lieu d’études.  
  • Payer un loyer plus élevé que prévu. Certaines villes françaises possèdent néanmoins des loyers plus abordables que d’autres.  
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Outre la hausse du nombre d’étudiants, les raisons rendant difficiles l’accès à un logement décent, à un prix abordable, sont dues ces dernières années à :

  • L’inflation.  
  • Les mesures pour lutter contre les passoires thermiques, dont certaines ne peuvent plus être louées, faute notamment d’un financement suffisant pour réaliser des travaux de rénovation comme le montre cette étude réalisée par Ymanci et FLASHS. 
  • La demande qui est supérieure à l’offre aussi bien dans le neuf que dans l’ancien dans plusieurs agglomérations françaises.  
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¹ Parcoursup est la plateforme nationale d’admission en première année des formations de l’enseignement supérieur. Il s’agit d’un site qui recueille et gère les vœux d’affectation des futurs étudiants de l’enseignement supérieur français.

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